Il est évident que la dernière chose à laquelle on pense en se jetant à l’eau pour profiter des vagues est à une catastrophe. Et pourtant, malheureusement, les accidents, ça arrive. Que ce soit sur votre home spot ou en trip surf, en tant que témoin ou victime, sachez qu’il faut être préparé à toute éventualité et être prêt à agir intelligemment. Il y a deux semaines, je vous donnais la procédure à suivre afin de porter secours à un surfeur en difficulté. Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur le sujet en détaillant les éventuels risques liés à la pratique du surf ainsi que ceux liés à la présence d’animaux marins et vous donner les différentes étapes à suivre avant de consulter le spécialiste. Voici donc les blessures et mesures d’urgence face aux accidents en surf
Bim ! Un retour de planche, ce n’est jamais bon car ça peut vous occasionner un os cassé ou fracturé. Immobilisez le membre en utilisant une attèle, un paréo, un vêtement et RDV à l’hôpital…
Aïe ! Un mauvais wipe-out et voilà l’entorse. On se rassure et on applique de la glace sur la zone touchée à intervalle de 15mn pendant les premières 24h. On applique également un pansement compressif et on surélève la partie touchée…
Ouille, ça pique, la coupure dans l’eau salée ! Arrêtez l’hémorragie en appliquant une compresse, nettoyez avec de l’eau claire, enlevez les morceaux restés sous la peau à l’aide d’une pince à épilée préalablement désinfectée puis tamponner la plaie avec un coton imbibé d’hydrogène de peroxyde (hé oui, ça pique encore plus). Pour toute coupure plus profonde que 6mm ou très large, des points de suture sont nécessaires. Mais, si le médecin n’est pas accessible, vous pouvez utiliser des Stéristrips. Changez alors le pansement régulièrement et surveillez la plaie. Si celle-ci devenait infectée (pus jaune, rougeur, enflure autour de la plaie) répétez le processus de stérilisation avec l’hydrogène de peroxyde et s’il n’y a pas d’amélioration, consultez votre médecin
Ouch ! Vous êtes pris dans la machine à laver et vous vous retrouvé avec une blessure aux yeux. Si vos yeux sont touchés par de petites particules (sable, algues) ou de la crème solaire, rincez-les immédiatement avec de l’eau claire. S’il y a lacération ou perforation, appelez immédiatement les urgences. Attention, ne surtout pas frotter les yeux ou essayer de retirer les objets par vous-même !
Oulala, le gros shorebreak ! Pas sympa car parfois synonyme de blessure au cou ou à la colonne vertébrale… Si l’accident se produit dans l’eau, gardez la tête du blessé hors de l’eau jusqu’à ce que les secours interviennent (tant que l’hypothermie ne se fait pas encore sentir). Si le blessé est arrivé à se rendre sur le bord de la plage, allongez-le sur le sable avec la tête, le cou et le reste du corps en ligne droite et ne le déplacez surtout pas (sauf cas d’orage). Appelez immédiatement les secours, couvrez le corps de la victime avec une couverture, surveillez sa respiration, rassurez-la et traitez toute autre blessure en attendant les urgences…
Gloups ! N’importe où, n’importe quand, une blessure à la tête est vite arrivée. Vérifier immédiatement la respiration et le pouls du blessé et appelez les secours. S’il est inconscient malgré une respiration normale et un pouls constant, gardez sa tête, son cou et son corps en ligne droite. Attention, s’il y a présence d’un objet quelconque dans sa tête, ne tentez surtout pas de l’enlever par vous-même. En revanche, s’il y a hémorragie, enroulez un bandage mais n’utilisez pas de compresse. La victime vomit ? Tournez-la sur le côté tout en gardant la tête, le cou et le corps bien droits. Appliquez de la glace sur la zone enflée puis surveillez le blessé durant les prochaines 24h tout en le gardant éveillé pendant au moins quelques heures survenant l’accident. Rassurez-le et donnez-lui du paracétamol (pas d’aspirine !) pour soulager les maux de tête…
Pas cool, ça peut aussi arriver, la crise cardiaque. Demandez à la victime de s’asseoir ou de s’allonger et appelez immédiatement les secours. Si le patient est conscient, demandez lui s’il a ses comprimés avec lui. Si vous ne détectez aucun signe vital, commencez la réanimation…
Superbe intervention des lifeguards en Australie
Australie, Afrique du Sud, Hawaï… les attaques de requin y sont rares mais elles existent. On ne panique pas et on procède par étape : on applique un bandage compressif sur la plaie et, si le saignement est trop important, on utilise son leash pour faire un garrot (rappelez-vous Soul Surfer, le film sur Bethany Hamilton). On appelle immédiatement les urgences tout en rassurant le blessé et en le gardant éveillé. On le couvre ensuite d’une couverture et on surveille sa respiration ainsi que son pouls. On commencez la réanimation si nécessaire…
Sur le ReefBreak il y a des coraux et parfois des surfeurs avec des coupures de corail. Retirez les morceaux de coraux avec un pince à épiler préalablement nettoyée avec de l’alcool à 90° puis rincez avec de l’eau claire. Versez de l’hydrogène de peroxyde sur la plaie (attention, ça pique !) mais ne vous affolez pas si vous voyez apparaître de petites bulles : cela tue les bactéries et évite les infections ! Frottez ensuite avec une brosse à dent préalablement rincée avec de l’hydrogène de peroxyde afin d’enlever tout morceau de corail qui serait resté dans la peau. Pour les grandes plaies qui nécessitent des points de suture, utilisez des Stéristrips et pansements étanches si jamais vous vouliez vous remettre à l’eau … Mais attention, les pansements doivent être changés régulièrement (pas plus de 2 jours). Si vous constatez du pus jaune, de la rougeur et/ou une enflure, recommencez l’opération ci-dessus à l’aide de l’hydrogène de peroxyde mais s’il n’y a aucune amélioration, consultez votre médecin `
La Blue Bottle également connue sous le nom de Physalie (Australie, Afrique du Sud, France, etc.), elle est certes très jolie mais ne pensez pas qu’elle soit gentille ! Retirez les morceaux de tentacule avec une pince à épiler puis rincez à l’eau de mer (pas de vinaigre !). Ne frottez la zone touchée. Rincez ensuite avec de l’eau chaude (ou de l’urine) ou appliquez de la glace ou une compresse pour soulager la douleur
L’Irukandji (Australie, Hawaii, Floride, Papouasie, etc.) Attention, les piqures de cette méduse peuvent être mortelles. Rincez avec du vinaigre (pas d’alcool ni d’urine) sans frotter la zone infectée et surveillez bien l’état de la victime car les arrêts cardiaques sont fréquents. Appelez immédiatement les urgences
Sea lice ou ‘Pou de Mer’. Sans appuyer, frottez la zone infectée pour retirer les fragments restés sur le peau (vous pouvez utiliser du sable, un coquillage, un peigne à wax) versez un peu de vinaigre ou diluez de l’hydrogène de peroxyde sur un coton et tamponnez la zone infectée. Appliquez ensuite de la glace puis utilisez de l’Aloé Vera pour calmer la douleur
Vous avez marché sur des oursins ? Retirez délicatement les épines avec une pince à épiler préalablement désinfectée puis rincez la plaie avec du vinaigre ou de l’eau chaude. Si certaines épines restent sous la peau, prenez un bain de pieds à l’eau de javel puis appliquez de la vaseline avant de mettre un pansement (la peau sera ramollie et ce sera plus facile pour retirer les épines restantes)
L’inopiné poisson-pierre (Australie, Nouvelle Calédonie, etc.) Attention, car une piqure peut être mortelle (arrêt cardiaque ou respiratoire). Tout de suite après la piqure, la victime est sujette à des troubles digestifs, un état syncopal et une paralysie. Injectez immédiatement le sérum anti stone-fish ou utilisez un Aspivenin (moins fiable mais peut aider)
L’attaque de la raie (les tropiques, l’Europe, etc). on ne piffre pas, c’est arrivé à un pote à moi et il a morflé ! On commence par laver la plaie à l’eau claire et on la désinfecte avec un coton imbibé d’antiseptique. Attention, ne tentez pas de retirer l’aiguillon de la raie car cela pourrait causer plus de dégâts. On Plonge ensuite la zone infectée dans de l’eau chaude pendant une trentaine de minutes afin de d’inactiver le venin (vous pouvez aussi approcher une cigarette allumée et faire des va-et-vient prés de la plaie). La douleur est intense et peut mener à une perte de connaissance alors on surveille le patient et RDV chez le médecin
La vicieuse murène aussi surnommé serpent de mer (Océan Indien, Pacifique, Mer Méditerranée). Il faut le savoir : la piqure est presque indolore mais une heure plus tard, la paralysie s’installe et peut mener à un décès par convulsion. Surveillez la respiration de la victime et appelez immédiatement les urgences. Retirer tout bijoux du membre infecté et maintenez la victime aussi immobile que possible avec la partie infectée au-dessus du niveau de son cœur. Si vous avez un sérum antivenimeux, utilisez-le sinon, recouvrez la morsure ainsi que la totalité du membre infecté d’un bandage aussi serré que possible (faites tout de même attention à la circulation sanguine) et appliquez de la glace. Direction les urgences.
- A (Airway) : donner l’alarme et contrôler les voies respiratoires
- B (Breathing) : en cas d’arrêt respiratoire, insuffler 2 fois dans le nez de la victime puis commencez le bouche à bouche
- C (Circulation) : contrôler la circulation sanguine et le pouls de la victime
- D (Defibrillation) : si disponible, utiliser un défibrillateur sinon, commencer la réanimation cardio-pulmonaire
- Ne jamais surfer seul ou se mettre à l’eau lorsque tous les autres surfeurs sortent
- Se renseigner quant au spot auprès des locaux et des anciens (marées, configuration, courant, présence de rochers, etc.)
- Préférer le surfing diurne plutôt que nocturne (les animaux marins rodent la nuit)
- Le port de la combinaison, de chaussons et d’un casque sur les reef break (coraux, rochers) est fortement recommandé
- Ne pas être sous l’emprise de drogues, d’alcool ou se jeter à l’eau après un repas copieux ou une sieste en plein cagnard
- Bien s’échauffer, s’étirer, s’hydrater
- Vérifier son matériel, respecter les règles de sécurité et de convivialité
- Ramer, rester actif et surveiller son point de repère pour ne pas se laisser dériver dans une zone dangereuse
- Ne pas tenter de toucher une espèce marine qu’on ne connaît pas
- Eviter de surfer dans des zones d’eaux troubles ou dans du gros shorebreak
Allez, souriez, les accidents, ce n’est pas automatique, ne vous en faites pas ! Cet article n’est pas fait pour vous dissuader de vous mettre à l’eau mais juste pour vous mettre en garde afin que vous surfiez en connaissance de cause. La prévention n’a jamais fait de mal à personne… mais un coup de pas de chance ou des attitudes irresponsables peuvent faire des dégâts ! Alors gardez le smile, surfez dans la bonne humeur et avec vos potes, faites attention à vous et votre environnement, et ne tentez pas le diable. Peace out homies and good surf for everyone !