Vous avez remarqué, le surf n’a pas vraiment sa place dans les grands quotidiens de sport ou alors de tous petits encarts pour le plus souvent… Je me suis toujours pausé cette question du « pourquoi le surf n’est-il pas plus mis en avant ? », comme en Australie, par exemple … Et puis, lorsque le photoreporter indépendant Mickael Bonnami me contacte par rapport à mon blog de surfeuse, je me dis, whaou !, revers de la situation : finalement, le surf, ça intéresse un peu plus de monde que les surfeurs eux-mêmes,… chouette ! Du coup, j’en profite pour vous le présenter, hé !
Photoreporter indépendant, Mickaël Bonnami a choisi le sport comme sujet de prédilection. Installé dans la région girondine, Mickaël a réussi à se faire un nom auprès des organisateurs d’évènement et sportifs aquitains. Fort de son succès, il a été accrédité pour de nombreuses compétitions dont la Swatch Girls Pro 2001 et la Roxy Pro Biarritz 2011.
C’est donc suite au Swatch Girls Pro de cette année que Mickaël Bonnami a publié son premier numéro de « Sports Aquitaine ». Pour Mickaël, ce magazine a pour but de mettre en avant l’actualité sportive d’Aquitaine, certes, mais surtout de valoriser le photoreportage avec des photos de qualité ! Qui s’en plaindra ? Ni vous ni moi je pense puisque le numéro 3 de Sports Aquitaine est consacré au Roxy Pro Biarritz, à ses surfeuses pleines de punch et de glamour réunies pour l’une des étapes les plus importantes de l’ASP World Tour… d’ailleurs, j’ai une petite préférence pour ce numéro là : plus d’illustrations, plus de textes, une bonne dose d’humour, l’interview de notre Pauline Ado LA première de France et d’Europe… et des photos qui captent parfaitement l’atmosphère de l’évènement, l’énergie de la compétition et la sexitude des girls présentes
Bref, Comme Mickaël, en plus d’être un photographe doué est un homme sympathique, je me suis dit que ça pourrait être sympa ET intéressant de faire son interview…
TripSurfeuse : Depuis quand fais-tu de la photo ?
Mickaël Bonnami : Comme beaucoup de personnes, j’ai toujours plus ou moins fait de la photo avec des appareils jetables argentiques ou même des petits boîtiers qui s’apparenteraient aujourd’hui à des compacts numériques. Mais les tirages me coûtaient cher et je n’avais pas vraiment les moyens de gaspiller pellicule sur pellicule. Donc je suis resté très très amateur pendant de nombreuses années, le photographe lambda quoi.
En 2005, je me suis offert un bridge Fujifilm et j’ai redécouvert le plaisir de faire de la photo sans me soucier du budget développement.
Puis en 2007, je me suis acheté mon premier réflex numérique, un Nikon D40 et là j’ai commencé petit à petit à me passionner vraiment pour la photo. C’est aussi à cette époque que j’ai mis en ligne mon premier site web.
Et de fil en aiguille, j’ai persévéré pour consacrer de plus en plus de temps et d’énergie dans cette passion dévorante. Et mon but premier est toujours de continuer ma progression et de prendre du plaisir dans ce que je fais.
D’où l’envie de faire du photoreportage ton métier, donc ?
Le photo-reportage, je pense que je l’ai dans la peau. Ca fait un peu prétentieux mais en fait pas du tout. Je crois que c’est pour moi la seule façon de traiter un sujet photo depuis toujours. J’ai sûrement été conditionné par mes lectures, plus jeune, mais je n’arrive pas à envisager la photo en une seule et unique prise de vue.
Je respecte totalement les photographes qui font cela, mais en ce qui me concerne, quand j’aborde un sujet, il me faut en sortir une série de photos valables. C’est pour cela que le système de galerie photo par sujet sur mon site s’est très vite imposé.
D’une manière générale, j’ai construit ma propre voie dans la photo, sans qu’il y ait eu d’éléments déclencheurs en particulier.
Les sujets, l’environnement, les mouvements nécessitent-ils un matériel différent et propre à chacun ? Quel est ton matériel de prédilection ?
Mon matériel actuel est un matériel pro ou semi-pro selon les points de vue. Je suis équipé en Nikon et en tant que Nikoniste c’est évidemment le meilleur matos qui existe (les canonistes diront l’inverse, mais est-ce que l’on peut vraiment les prendre au sérieux ? [Rires]).
Le matériel en photo est à la fois secondaire et important. Il est secondaire parce que c’est le photographe qui fait une photo avant tout, mais important parce que comme tout outil, meilleur il est, plus on se facilite la tâche pour découvrir de nouveaux horizons photographiques.
Mais plus que le boîtier, ce sont les objectifs qui sont le plus important en photo. C’est eux qui déterminent ce que l’on veut photographier. Les boîtiers sont eux capable de faire tout type de photo sans soucis. Par contre si l’on veut faire de la photo de sport, on n’utilisera pas le même objectif que pour de la macro ou du paysage. Après chacun à ses affinités avec son matériel et on peut très bien utiliser des objectifs qui sont plutôt faits pour un domaine photographique à des fins différentes afin de donner un regard différent et original aux photos. Mais là encore c’est le photographe qui prime.
Pour le détail de mon matériel :
- Nikon D300s
- Objectif Nikon 300mm f4
- Objectif Nikon 60mm f2,8
- Objectif Nikon 180mm f2,8
- Objectif Nikon 50mm f1,8
- Objectif Nikon 18-70mm
Tu es donc un vrai professionnel… reporter photo indépendant girondin, c’est bien ça ?
En réalité je suis plutôt Photographe-Auteur, c’est un statut particulier dans le monde de la photo. Le Photographe-Auteur est aussi appelé Photographe-Indépendant ou même Photographe-Freelance.
J’ai la possibilité de vendre des tirages d’art de mes photos ou de vendre des droits d’auteur. Si une photo sur mon site t’intéresse, j’ai le droit de te vendre un tirage au format A3 de cette photo par exemple. Pour la cession de droit, c’est plus pour les entreprises qui veulent faire une affiche, une brochure ou simplement avoir des visuels sur leur site web. C’est très varié et chaque demande est souvent différente.
Par ailleurs, je suis originaire de Dordogne car né à Bergerac, mais je vis en Gironde depuis mes 4 ans après un très court passage en région parisienne.
Seulement, il existe aujourd’hui de plus en plus de photographes ou beaucoup de gens qui se disent photographes… Alors, comment te fais-tu connaître et à qui proposes-tu ton travail ?
Le plus dur pour un photographe aujourd’hui c’est d’exister et valoriser son travail. Le grand public considère souvent la photo comme anecdotique et depuis l’ère du numérique ce sentiment a empiré malheureusement. Vendre une photo est une chose compliquée et très peu de photographes en vivent. Les sites de microstocks (fotolia, guetty image, etc…) vendent des photos à des professionnels à partir de 1 centime d’euro. Qui peut vivre de la photo en vendant 1 photo pour 1 centime ? Il suffit de faire un bête calcul mathématique pour visualiser le nombre de photo à vendre pour atteindre le SMIC.
Sachant qu’en plus une photo, du moins une bonne photo, ça se prépare et ça demande de l’investissement matériel et humain. Dans ce contexte, il est difficile de se faire connaître et donc de vendre son travail. Pour ma part je vends mes photos principalement à des entreprises et dans le lot il y a surtout de l’illustration pour des sites internet. Mais j’ai aussi vendu quelques tirages d’art. Dans l’avenir j’espère pouvoir vendre un petit peu plus pour au moins me rembourser les frais de déplacement que j’engage pour faire mes photos.
Tu as tout de même réussi à créer ton magazine « Sports Aquitaine »… Quel est ton objectif à travers cela ?
Ce magazine a pour but premier de valoriser mon travail photographique de reportage. Il est plutôt destiné au public qui souhaite voir et lire des choses qu’il n’a pas ou moins l’habitude de voir dans les magazines de sport. J’ai consacré un numéro au baseball par exemple et je ne crois pas qu’en France il y ait eu beaucoup de pages de magazines consacrées à parler de ce sport, ce qui est dommage.
Mon souci c’est de faire un magazine avec des photos de qualité, ce qui se fait de plus en plus rare dans la presse de nos jours sans que cela ne choque personne. C’est d’ailleurs la même chose au niveau de la qualité des écrits et des informations, qui dans l’ensemble n’est pas folichonne.
Je vais essayer de faire évoluer le magazine au mieux tout en ayant le souci de faire un contenu de qualité. Si la qualité est là, le reste suivra, du moins je ne veux pas penser autrement.
Si à l’avenir ce magazine se met à marcher et à être lu par un grand nombre de personnes, pourquoi ne pas envisager une parution en format papier ? Mais je suis encore très loin de me poser cette question, bien qu’il soit déjà possible de me commander un ou plusieurs exemplaires des magazines pour ceux qui le souhaitent.
Tu souhaites faire découvrir tous les sports au plus grand nombre grâce à ton travail… Quel est celui qui te donne le plus de satisfaction artistique et/ou personnelle ?
Je m’intéresse à tous les sports, même si j’ai plus d’affinité avec certains. J’adore le sport en général, que ce soit en tant que spectateur ou photographe.
Mais en tant que photographe, être au cœur d’une compétition et se retrouver près des sportifs, du staff et du public et vivre tout ceci en direct, c’est quand même très prenant. Et il n’est pas toujours facile de revenir dans le monde « réel » après une compétition.
Niveau pratique, je fais du tennis mais à tout petit niveau, je ne suis même pas classé… Faut dire que le week-end je n’ai pas le temps d’aller faire des matchs de tennis, je me consacre à la photo et notamment pour suivre l’actualité sportive de ma région.
Néanmoins, j’adore pratiquer le sport et si j’avais le temps et l’argent, j’en ferais beaucoup plus qu’actuellement. Je vais peut-être me mettre au badminton en plus du tennis cette année d’ailleurs.
2 des numéros que tu as publié sont consacrés au surf féminin… coups du hasard ou envie personnelle ?
C’est à la fois une envie et le hasard qui fait bien les choses. J’aime beaucoup le sport féminin qui est malheureusement pas mal mis de côté dans la presse et dans les discussions sportives. Le surf me plaît énormément et il se trouve que la côte Atlantique accueille de belles compétitions masculines et féminines, alors autant en profiter un maximum.
J’ai beaucoup apprécié l’esprit des filles lors du Swatch Girls Pro de Seignosse et du coup j’ai pris 3 jours de vacances pour aller les suivre à Biarritz. Malheureusement les aléas climatiques et de compétition ont fait que j’ai manqué le gros de la compétition. J’ai quand même pu sortir un magazine pour l’occasion avec l’interview de Pauline Ado qui est une chouette fille.
Comment était-ce de se retrouver au milieu de toutes ces surfeuses ? Est-ce difficile de les approcher dans ces moments si forts ?
Pour ma part je suis assez timide et réservé donc je ne suis pas du tout du genre à m’imposer. De plus j’ai du respect pour les sportives et sportifs, il n’est donc pas question de les déranger, même en faisant mon job de photographe. C’est sûrement un tort et ça me fait peut-être louper des photos, mais je ne me sens pas obligé de me coller aux sportifs comme une moule sur son rocher.
Quand j’ai la possibilité de discuter avec les sportifs je le fais sans me priver, mais hors de question d’aller les gêner dans leur boulot.
Je n’ai pas pu discuter directement avec les surfeuses lors de la compétition pour ces raisons, d’autant plus que je suis plutôt limité niveau anglais !
J’ai échangé par mail avec Pauline Ado, notamment pour l’interview sur mon mag, mais j’ai aussi un peu échangé avec Courtney Conlogue, très gentille aussi d’ailleurs.
A l’avenir, j’aurais sûrement plus de contact avec les surfeuses, mais pour le moment je suis tout nouveau donc je me fais petit.
D’une manière générale, je pense qu’on peut les aborder assez facilement et elles paraissent franchement toutes très sympathiques et ouvertes.
En tant que photographe, notes-tu une différence importante entre le surf masculin et le surf féminin ?
La différence principale c’est que je trouve les garçons beaucoup moins mignons [Rires].
Le surf masculin est plus aérien et physique je pense, mais personnellement je prends peut-être plus de plaisir à voir du surf féminin. Bien que la prestation de Gabriel Medina au Soöruz m’ait carrément coupé le souffle, je n’avais jamais vu un tel niveau de surf jusque là. Il faisait même des figures là où il n’y avait pas de vague, c’est à se demander s’il ne sortirait pas une note de 10 dans sa baignoire lui… [Rires]
En fait je regarde les compétitions de filles et de garçons d’un œil différent et je les photographie aussi de façon différente. Je vais peut-être plus cerner l’action chez les hommes et tenter des choses plus graphiques chez les filles. Mais je pourrais totalement faire l’inverse aussi, je ne me limite pas à une seule vision.
Tu ne fais pas de surf… Penses-tu que cela soit plus difficile à capter et faire ressortir toute la noblesse du style ?
Je ne fais pas de surf et je ne l’ai jamais pratiqué. Ce n’est pas une vraie envie, même si j’aimerais beaucoup tester c’est certain. Il y a des sports que je préfère suivre en tant que spectateur et d’autres que je préfère pratiquer. Je fais du tennis, mais je ne regarde que très rarement des matchs de tennis à la télé par exemple. Alors que je ne fais pas de surf, mais je suis des compétitions et à l’occasion je regarde les lives des compétitions sur le net.
Connaître un sport est un gros avantage en photo, parce que tout est dans l’anticipation du photographe. Celui qui sait et comprend ce qu’il se passe, a une grande longueur d’avance sur son voisin qui n’a pas autant de connaissances, même si ce dernier est plus équipé niveau matériel.
Cependant, ne pas trop connaître un sport, je pense aussi que ça aide à avoir un œil nouveau et à ne pas se contenter de reproduire ce qui a déjà été fait des centaines de fois par d’autres photographes.
Certes, mais as-tu remarqué : même si le surf est de plus en plus médiatisé, la presse sportive nationale classe encore le surf comme appartenant aux sports de glisse ou sports aquatiques et de ce fait n’y consacre toujours pas plus d’articles …
Je m’étonne aussi de cela, c’était d’ailleurs une des questions que j’ai posée à Pauline Ado dans mon interview. Elle m’a répondu que ce sport est encore jeune en Europe et que petit à petit il va s’installer durablement.
Je pense qu’elle a raison, bien que je reste étonné qu’on ne parle pas plus de ce sport actuellement. Même en étant girondin et donc proche de la côte, je ne sens pas une vraie émulation pour le surf, bien que je ne connaisse personne qui déteste ce sport.
Cela reste une énigme…
Les magazines eux ne traitent pas trop le sujet (à part la presse spécialisée) parce que ça fait moins d’audience que le foot ou le rugby. Comme je le disais précédemment, le niveau de la presse est sans cesse tiré vers le bas et il est difficile de se faire une vraie culture sport en l’état.
Tout a fait… Des projets, Mickael, pour les prochains mois ?
Des projets, j’en ai des tas en tête. Certains se réalisent rapidement et d’autres me prennent beaucoup plus de temps ou restent à l’état de projet. Dans les projets qui vont aboutir, je pense que je peux parler des magazines Sports Aquitaine et peut-être un nouveau projet de magazine, mais pour le moment secret défense [Rires]. J’ai aussi un projet d’exposition photo sur la nature et le sport qui devrait voir le jour entre octobre 2011 et l’été 2012, mais je ne connais pas encore les dates.
Je ne manque pas d’idée et j’ai même quelques projets plus ambitieux mais pour le moment inutile de s’enflammer, je verrai bien au fur et à mesure de mon évolution dans le monde de la photo.
En tous cas, je te souhaite de réussir ! As-tu quelque chose à ajouter aux lecteurs de TripSurfeuse’s Blog ?
Je remercie tous ceux qui prendront le temps pour lire cette interview ainsi que les autres articles du blog. N’hésitez pas à laisser un petit commentaire à l’occasion, ça fait toujours plaisir de voir qu’on est lu et ça donne plus de courage et d’envie pour les articles à venir. ;)
C’est un peu la seule récompense quand on prend le temps de s’ouvrir aux autres, que ce soit par le biais de l’écriture ou de la photo.
Et voilà ! Intéressant, Mickaël Bonnami, n’est-ce pas ? Je suis en tous cas certaine que cette interview mettra la puce à l’oreille de mon ami Jeanot, snowboardeur/photographe. Si vous voulez en savoir un peu plus sur le travail de Mickael Bonnami, je vous invite à visiter son site !
Que de bonnes nouvelles en ce moment sur la commune de Lège-Cap Ferret ! Après l’exposition « Sur La Vague » à la médiathèque de Piquey, rendez-vous à partir du 12 Août à la Cave Du Bas Saint pour l’ « Exposition » – Photographie mené par mes 2 chouchous de photographes… locaux !
La presqu’île du bonheur regorge de talents… Vous en doutiez ? Moi pas ! Je suis ravie de vous annoncer que du 12 au 31 Août 2011, il y a une expo à ne surtout pas loupé à la Cave Du Bas Saint de Piquey ! Attention, amateurs de belles photos, vous allez découvrir en live le superbe travail de 2 copains : Benoit Rual de Accros Shoots Photos et Clément Philippon de Chacal Prod (j’avais déjà fait un article sur Chacal Prod)
Cerise sur le gâteau, le vernissage : le vendredi 12 à partir de 19h30, avec Mariposa ! Mariposa c’est le groupe électro-acoustique à tendance blues rock qui monte, composé de JB à la guitare, Lise au chant et Cyrille à la basse. Carrément cool ! Donc de belles photos, de la bonne musique, un délicieux apéro tapas… Que dire de plus à part qu’on va passer une bonne soirée ?
Ca bouge bien niveau culture sur la presqu’île de Lège-Cap Ferret, je suis contente ! En plus, Clément, Benoit et JB sont des potes à moi alors venez nombreux les copains, j’ai envie de dire, car ça vaut le coup d’œil et on va bien rigoler ! See you there guys :)
Benoit Rual – Accros Shoots Photos
Clément Philippon – Chacal Prod
JB, Lise, Cyrille - Mariposa
Le 3 février 2011, RIP Leroy Grannis. Ce nom vous dit quelque chose ? Normal : Leroy Grannis est l’un des photographes de surf des plus respectés et co-fondateur de International Surfing Magazine. A 93 ans, il laisse derrière lui un hommage à l’histoire du surf, une merveilleuse collection de photos de surf des années 60 à 70.
Né en 1917, Leroy Grannis grandit à Hermosa Beach, Californie. Très vite, il se prend de passion pour l’océan et commence à gouter aux joies de la glisse. A 14 ans, son père lui offre un longboard (en bois, à l’ancienne) qu’il transforme en kneeboard. Un peu plus tard, il devient membre du Palos Verdes Surf Club et on le voit surfer avec un énorme 11’ de 40kg… sa passion pour le surf le suivra toute sa vie…
En 1959, Leroy Grannis est un père de famille aux différentes carrières qui ne surfe que quand il trouve du temps libre… mais lorsqu’un ulcère le frappe, il décide de se lancer dans la photographie. Il achète un appareil 35mm pourvu d’une lentille 400mm, transforme son garage en chambre noire, suit son fils lors de ses sessions surf et commence à capturer des images très vite publiées dans la plupart des magazines de surf et qui deviendront les icones de la surf culture des 60’s et 70’s
C’est alors qu’avec l’aide de son ami Doc Ball, il invente une boite en caoutchouc qui lui permet de changer les films de son appareil photos dans l’eau (oui, à l’époque c’était des films et non des cartes mémoires) et d’utiliser des plus longues lentilles depuis les line up de Sunset ou Waimea Bay. De cette époque, on découvrira de fantastiques beachbreak vierges de tout surfeurs, des line up bondés, les vagues monstrueuses d’Hawaï, la belle côte californienne, les woodies et les énormes longboards, les cheveux gominés et les bikinis des pin-ups… sweet !
Puis, dés les années 70, les planches de surf se raccourcissent et Leroy Grannis voyage de plus en plus afin de shooter les personnages incontournables qui font trembler les news du surf. Il devient alors photo éditeur de Surfing Illustrated Magazine, est proclamé photographe numéro un sur l’International Surfing Hall Of Fame et co-fonde International Surfing Magazine… Petit à petit, son travail s’éloigne de la scène surf mais lui ne s’arrête jamais de surfer…
Si comme moi vous aimez l’époque 60’s-70’s et des photos de surf au style classique mais incontournable, alors découvrez ou redécouvrez l’œuvre de Leroy Grannis. Encore mieux : offrez-vous le Surf Photography of the 1960s and 1970s ou le Vintage Surfing Graphics publiés chez Taschen… Mais soyez prévenu que ce livre risque de passer entre les mains de vos copains si vous le laisser trainer sur la table de votre salon
« I’ve always been intrigued by what happens below the surface, like what’s happening where we can’t see. »
Depuis maintenant 10 ans, Mark Tipple photographie les nageurs et les surfeurs sous la surface de l’océan Australien. Ses clichés sont réunis dans Underwater Project, une œuvre de toute beauté au résultat surprenant.
Comme la plupart des ados de son âge en Australie, Mark Tipple passe son temps libre à surfer. Et ce qu’il préfère, ce sont les images des vagues à chaque fois qu’il passe un canard. En 2000 il commence donc à filmer ses sessions avec une camera posée sur la tête mais n’est pas satisfait du résultat. Alors que le photographe Clark Little prend des clichés de shorebreaks, Mark Tipple veut aller plus loin, plus en « profondeur »
Petit à petit, il laisse de côté la planche de surf au profit du bodysurf et passe un peu plus de 4 ans à expérimenter les shootings : il est curieux de voir si les vagues sont différentes vues d’un autre angle, il veut voir à quoi ressemblent les vagues et les gens lorsqu’ils nagent sous les rouleaux, il veut capturer le mouvement des vagues d’un point de vue sous-marin.
C’est sur les plages de Coogee Beach, Westcape Beach, Bronte Beach et Maroubra Beach, aux alentours de Sydney, Australie, qu’il prend ses premiers « vrais » clichés, ceux qui lui donneront satisfaction, ceux qui feront parler de lui.
Le résultat est unique, original, superbe…les photographies sous-marines de Mark Tipple nous révèlent toute la beauté des vagues et des bodysurfeurs, toute l’élégance de chacun de leurs mouvements : les vagues s’enroulent et les nageurs se lovent flottant, parfois priant emmené par le flow. Rajoutez à cela une lumière qui traverse l’eau – féérique presque mystique – et vous obtenez de fantastiques œuvres d’art
A seulement 29 ans, l’australien Mark Tipple (nom de scène Alex Tipple) est un photographe documentariste accompli qui mérite son entrée dans la communauté surf art. Je vous invite à plonger dans son univers : The Underwater Project
“A lot of photographers don’t want to get into the big shorebreaks and shoot waves. So I’m lucky in that aspect and I can just feel the motion of the ocean and play.”
Originaire de Californie, Clark Little grandit sur le North Shore d’Oahu et se fait connaître comme le surfeur du shorebreak de Waimea Bay…le shorebreak le plus méchant au monde. Aujourd’hui il est surtout connu comme le photographe du shorebreak de Waimea, un artiste photographe hors pair
Alors que dans les années 90 il se jette dans les vagues de Waimea avec sa planche de surf ou son bodyboard et se fait photographier dans des positions parfois effrayantes, prés de 15 ans plutard, il passe derrière la caméra pour les beaux yeux de sa femme. Elle veut re-décorer leur chambre et demande à Clark de prendre quelques clichés. En lui faisant plaisir, il se fait plaisir : Clark Little se découvre une nouvelle passion pour la photographie
Rappelons que Clark Little est un surfeur de l’extrême. Avec sa caméra, il veut capturer l’incroyable, il veut montrer sur papier ce que les surfeurs les plus hardcore voient en surfant la bête « Waimea ». C’est donc tout naturellement que ses deux passions le mènent à prendre des clichés de shorebreaks absolument démentiels adorés par Kelly Slater et Jack Johnson (entre autres)
Ses photos révèlent la beauté et la puissance de ces vagues monstrueuses : tube parfait, backwash, reef et coquillage, miroir d’eau, voile de sel et de sable, nuage d’écume, barrel multicolore… Clark Little cristallise les vagues de Waimea, Waikiki, quelques secrets spots et c’est toute la magie des iles d’Hawaï qui se retrouve immortalisée grâce à ses clichés.
En moins de 4 ans, Clark Little reçoit les éloges de la presse internationale (National Geographic, Geo, Surfer’s Path, Paris Match,…), est invité dans plusieurs shows de télévision, publie son premier livre The Shorebreak Art Of Clark Little (1 USD est reversé à une œuvre de bienfaisance pour chaque exemplaire vendu), ouvre sa première galerie à Laguna Beach, Californie et est élu photographe de l’année par le magazine Geo et Discovery Channel
En peu de temps Clark Little est devenu la référence du surf art. Son goût pour l’extrême l’a mené vers la création de clichés hallucinants félicités par les professionnels et adulé par toute la communauté surf. Car il est si difficile de décrire ce que l’on voit lorsqu’on surfe une vague…merci Clark Little