Lorsqu’on part loin de chez soi, on se dit que c’est plus sympa de faire des choses dont on n’a pas l’habitude de faire dans son propre pays…le tout étant de passer des moments hors du communs et d’enrichir ses expériences. C’est pour cela que j’ai décidé de laisser le surf de côté pour expérimenter le wwoofing en Australie…
Tout d’abord, wwoofing (willing workers on organic farm), ça veut dire quoi exactement? Hé bien le principe est le suivant: en m’adhérent à l’association wwoof, je deviens un woofer dont le rôle est d’aider une famille au travail de la ferme (bâtir une maison, mettre en place des panneaux solaires, entretenir le jardin, récolter la production, nourrir les animaux…) en échange du gite et du couvert.
Pourquoi je trouve le concept intéressant ? C’est plutôt simple, car il permet :
1) de parler ! Oui, de parler en anglais avec des australiens s’il vous plait…et là, avec un minimum d’entrainement, on est sûr de progresser en anglais (ceux qui sont déjà partis en Australie savent de quoi je parle)
2) de s’adapter à une vie de famille (rythme de travail, loisirs, nourriture…) et à son environnement (le bush, la faune, la flore, les bêbêtes…) et donc de mieux connaître la culture australienne
3) de comprendre que tout est connecté : les hommes et mère nature nous rendent ce qu’on leur donne (je sais, ça fait très hippie mais c’est cool)
4) de se rendre compte qu’on est vraiment vernis : en voyageant seul, on expérimente, on échange, on se découvre, on se surpasse, la vie est belle et tout est incroyable…
Bref, autant de raisons et même plus qui m’ont motivé à contacter mes premiers hôtes.
La première semaine, je l’ai passé dans une famille alternative de néo-hippies : Kelly professeur à l’université, Rene actuellement chef de leur propre chantier de maison dans l’optique de donner des cours de tressage et leurs 4 filles ; l’ainé Jedda, les jumelles Myah et Ajuna et la petite dernière KetherPadme. Pendant 6 jours j’ai peins des meubles, nettoyé les stores en plastique que Rene allait fixer le long de sa terrasse et aidé à l’organisation de la salle de poterie de l’école des filles. Une expérience fascinante pendant laquelle Rene m’a appris à tresser et m’a offert mon premier free barbecue on the beach !
La deuxième semaine, j’ai été accueillie par Donna et Dale Stebbings, un couple d’un certain âge, adorable et très drôle, tous deux artistes également : elle coud des vêtements et accessoires, lui travaille le bois flotté pour en faire des lampes, tables, cannes… « I am an experienced bushman, better than Crocodile Dundee » … sans compter qu’ils cuisinent parfaitement bien ! Je rêve encore des cookies et muffins de Donna et du fameux fish&chips de Dale ! Ils m’ont beaucoup gâté et en échange je les ai aidé à refaire leur sheet mulching le long de leur jardin bio planté en tomates, salades, petits pois, carottes, gingembre, fraises, pêches, maïs, bambou…Ce sont eux qui m’ont donné l’occasion de visiter Mooloolaba et le Maroochy Botanic Garden
La troisième semaine, j’ai rejoins Gayle Richens dans sa maison au fin fond de la forêt sur les hauteurs de Yandina. Alors que les trois premiers jours ont été très intéressants (j’ai appris quelques ficelles de la permaculture et le recyclage d’eau de pluie, j’ai pris des douches froides sous les arbres et des bains sous les étoiles, j’ai pataugé dans l’immense lac de Cooloolabin…), la fin du séjour a finalement été plutôt bizarre. En effet, Gayle est devenue bien moins courtoise comme si nous (je partageait l’expérience avec Cindy, Yerin et Ciaran) la gênions. Cela n’a pas loupé : 5 jours après mon arrivée, elle nous annonce « Bonne nouvelle, je dois partir à Brisbane pour l’anniversaire de ma mère ! Mauvaise nouvelle, vous aussi devez partir…demain matin, 7h ». Sympa ; on ne s’y attendait vraiment pas. Qu’à cela ne tienne, nous décidons de partir tous les 4 à Noosa !
Première expérience wwoofing : trois lieux, trois familles, trois ambiances. Même si le principe peut paraitre bizarre au premier abord et qu’il faut faire attention à ne pas se laisser exploiter…Au finale, l’expérience reste intéressante. Mais ça manque de surf
Heureusement, Noosa est un bon spot et dés notre arrivée, je me cale une session.
Donna et Dale (chez qui je suis en wwoofing actuellement) m’ont proposé de me déposer à Mooloolaba pour la matinée, histoire de voir les conséquences de la pluie qui s’est abattue sur le Queensland pendant une semaine… Excellente occasion donc pour aller voir les vagues, sentir l’air marin de l’océan pacifique, découvrir un autre bout de la côte est australienne…et discuter avec plein de gens sympas comme un ancien champion du Pipeline par exemple…Michael « Eppo », vous connaissez ?
Marrant (ou pas), Mooloolaba me fait un peu penser à Lacanau : la rue principale borde la plage et c’est l’endroit où se concentrent tous les bars, cafés, restaurants et shops trendy de la station balnéaire. En face de la rue, presque directement sur le sable, je retrouve les fameux « barbie », les barbecues en libre service autour desquels se retrouvent aussis (australiens) et voyageurs pour partager grillades et bières.
Seulement aujourd’hui, la plage de Mooloolaba n’est pas très accueillante…humpf, pas fameux fameux…très boueux, je dirais même! Et puis ce vent qui casse les vagues…pas terrible pour voir les spots. Habituellement, on en retrouve 7 du nord au sud:
Allez, pour vous :
Donc pas de surf pour moi, today. Que cela ne tienne, je passe ma matinée à me promener, à parler avec des gens…à découvrir le lieu. Alors, que je me promène le long des berges de Mooloolaba, une équipe de matelots m’invite à visiter leur bateau ! On discute un peu et ils me disent que ces maisons qui bordent les berges ont toutes des bateaux privés accostés à leurs quais…délire ! « You are not coming with us to Cairns? » me demandent-ils… Ho! J’aurais bien aimé mais je me suis engagée auprès d’autres personnes… « Nevermind, we might see each other again ! »
Puis je me dirige dans un surfshop qui n’a pas vraiment l’air d’un surf shop…là, le propriétaire super sympa me conseille sur les spots à surfer en Australie…et me montre des photos de lui avec Kelly Slater, Gerry Lopez, toute l’équipe d’Endless Summer et Morning of The Earth…J’hallucine. J’hallucine d’autant plus que ça a l’air tout à fait normal pour lui et qu’il prend le temps de discuter bien une heure avec moi rien que pour m’aider dans mon périple !
Après ça, je me dirige vers un shop de bodyboard et me retrouve à parler avec le propriétaire des lieux ; au fil de notre conversation j’apprends que c’est un ami de Mike Stewart…puis j’apprends que c’est un ancien champion de bodyboard…puis j’apprends son nom : Michael Eppelstun ! Ha ! Mais je suis dans un autre monde !
Si vous ne savez pas qui est Michael « Eppo », je vais vous rafraîchir la mémoire : Michael « Eppo » Eppelstun est un bodyboardeur australien d’une quarantaine d’années, créateur de 3 manœuvres de bodyboard s’il vous plait : l’Air Roll Spin, le Double Roll et le BackFlip. Et comme si cela ne suffisait pas, là pardon mais : champion du monde à Pipeline en 1993, l’un des rares à avoir battu le grand Mike Stewart !! Bon, lui, il ne me l’a pas dit comme ça car il est plutôt modeste mais j’ai quand même fait mes petites recherches ;)
Grâce à son style aérien, Michael « Eppo » est LE padre de la nouvelle école de bodyboard et LE symbole du bodyboard en Australie (ça, c’est une amie de Donna qui me l’a dit). C’est aussi le premier à avoir ouvert un site de vente de bodyboards purement online en Australie en 1999. Aujourd’hui, Michael « Eppo » s’est retiré de la compétition pour se consacrer à sa vie de famille…et même s’il continue de rider, il y va quand même moins souvent qu’avant, m’a-t-il dit. Donc si vous passez par Mooloolaba, vous aurez comme moi toutes vos chances de le croiser dans son shop bodyboardshop… !
Une chose hallucinante en Australie, c’est que les gens vous accueillent avec enthousiasme, s’intéressent à vous, répondent avec plaisir à vos questions, tout en restant discrets. C’est l’hérédité anglaise qui ressort, j’adore. Hé oui, c’est ça l’Australie : suivre son instinct, être prêt à rencontrer des personnes génialement relax et modestes, vivre de grandes surprises !