L’autre jour j’avais 30 minutes de surfing avant d’entamer une journée bien chargée. Alors ni une ni deux, je me jette à l’eau, sourire aux lèvres, jusqu’au moment où mon canard me fait tomber nez à nez avec une bouteille de plastique flottante ! Bad trip pour TripSurfeuse… car ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, malheureusement. Littéralement dégoûtée par la situation, il me faut maintenant traiter du sujet de la pollution maritime. Car si les médias s’intéressent aux catastrophes écologiques des marées noires et autres dégazages ou déballastages irresponsables au large de nos côtes, ils ne mettent pas assez l’accent sur une pollution tout aussi néfaste : celle causée par le rejet des macro déchets et occasionnée par l’attractivité du littoral, le tourisme, la plaisance… En effet, avec plus de 60% de la population mondiale habitant prés de la mer, la plage n’a jamais été si populaire et le littoral n’a jamais été si fragile. Mais nous avons le pouvoir de réduire notre impacte par des gestes simples…
Chaque jour, 123 000 tonnes de déchets arrivent dans l’océan. Ils sont transportés par les courants et se concentrent aux embouchures des fleuves et des rivières ainsi que sur les littoraux et en mer. Plastique, emballages, objets en verre ou en métal, … tous ces macro-déchets ont des conséquences écologiques et sanitaires dramatiques pour notre environnement. Rappelons la biodégradabilité (parfois très longue) de quelques macro déchets
- Mégot de cigarette avec filtre : 1 à 2 ans ; Sans filtre : 3 à 4 mois
- Carton d’emballage : 3 à 4 mois (1 tonne de cartons ménagers et papier recyclés en sopalin ou papiers cadeaux c’est 20 arbres sauvés !)
- Corde : 3 à 14 mois
- Chewing-gum : 5 ans
- Boîte de conserve : 10 à 100 ans
- Canette : 200 à 500 ans (Aluminium et canettes se recyclent en cadre de vélos et métaux)
- Sac plastique : 450 ans
- Bouteille en plastique 100 à 1 000 ans (la plupart des plastiques sont recyclables à 99% et peuvent être utilisés pour fabriques vêtements polaires, pulls, peluches ou matériaux de construction)
- Planche en bois : 13 à 15 ans
- Briquet jetable : 100 ans
- Bouteille en verre : 4 000 ans (le verre est recyclable à 100% indéfiniment !)
La flore et la faune sont directement touchées par la prolifération des macro-déchets qui tuent à petit feu les grands organismes marins et modifient les écosystèmes. Pour l’Homme, même si la nature de la pollution est plutôt d’ordre visuelle, certains déchets peuvent néanmoins être dangereux (blessures corporelles dues au verre, aux seringues, aux clous enfoncés dans les morceaux de bois…) ou engendrer le développement d’odeurs désagréables et entrainer ainsi le développement d’insectes nuisibles… beurk
Abandonnés, déchargés, rejetés, les macro déchets proviennent pour le plus souvent d’actes irresponsables qui polluent les eaux et le littoral, asphyxient les océans et tuent de nombreuses espèces animales, végétales, marines… modifiant gravement les écosystèmes. Parmi ces déchets, une grande partie provient du continent (80%) et auraient pu être évité et/ou recyclé. 5 causes principales quant à la présence de macro-déchets sur le littoral :
- Artificialisation du littoral. C’est du fait de son attractivité qu’aujourd’hui prés de 60% de l’humanité est installé à moins de 60 km du littoral entrainant ainsi la multiplication des déchets à proximité des plages
- Abandons sur les plages par les usagers. Nourriture, bouteilles plastiques, canettes, crème solaires, vêtements, cigarettes, sont souvent enfouis dans le sable, ‘emportés par un coup de vent’ ou laissés sur place
- Décharges sauvages dans les forêts, à proximité des rivières, en haut de falaises…
- Transport maritime, navires de passage, pêche et plaisance. Les déballastage, dégazage, peinture anti-fouling, évacuation des déchets dans la mer sont autant de pratiques montrées du doigt par les associations de protection du littoral
- Activités domestiques, agricoles et industrielles. Même en ville, par l’intermédiaire des égouts et surtout en période de fortes pluies, certains déchets peuvent s’échouer sur le littoral. Plus de 80% des eaux de surface et plus de 50% des eaux souterraines contiennent des produits phytosanitaires provenant de l’agriculture et du jardinage, plus de 50% des eaux usées des habitations sont rejetée dans la nature sans épuration préalable et c’est sans compter les nombreux objets jetés dans les toilettes qui finissent dans la mer…
Nous sommes donc tous acteurs responsables mais ne soyons pas défaitiste. En effet, il existe des solutions pour réduire notre impacte sur l’environnement et il est important d’en être conscient
Afin de préserver notre littoral, aujourd’hui plus que jamais, chaque geste compte. Réduction des emballages, tri, recyclage… des gestes simples peuvent être menés au quotidien afin de réduire la masse des macro-déchets déversée chaque jour dans la mer :
- Renseignez-vous auprès de votre mairie pour connaître leur politique de développement durable et leur fonctionnement de tri sélectif
- Consommez les produits locaux et de saison, en vrac ou à la coupe et préférer les produits biodégradables, durables (vs jetables), concentrés ou en format familiaux ainsi que les emballages recyclables… passez aux sacs durables plutôt que les sacs plastiques
- Triez les déchets à la maison, allumez un feu de cheminé avec vos papiers journaux, utilisez des ampoules basse consommation, éteignez vos appareils électro-ménagers plutôt que de les laisser sur veille, ne jetez rien dans les circuits d’eaux usées (pas de tampons, coton-tiges, ni détergent) et pensez à bien fermer vos robinets
- Faites du compost plutôt que d’utiliser des produits chimiques dans votre jardin
- Réparez les produits cassés, recyclez, donnez à Emmaüs ou à vos proches. Allez à la déchèterie pour déposer les déchets spéciaux tels que les appareils électriques ou électroniques et produits chimiques
- Réduisez vos émissions de gaz en prenant le vélo, les transports en commun ou en organisant du co-voiturage et à la plage, en forêt ou ailleurs, ramenez vos déchets et ramassez ce que vous trouvez en chemin
- Respectez les consignes de l’ONF (Office National des Forets) : ne pas jeter son mégot n’importe où, ne pas faire de BBQ ou de feu de camp dans les endroits non autorisés ou non sécurisés, bien éteindre le feu après avoir utilise les végétaux, et ne pas oublier que les pétards/allumettes sont des causes fréquentes d’incendies
- Sensibilisez vos proches…
Nous sommes de plus en plus nombreux à être attirés par le littoral pour son environnement naturel, son côté grand air, le farniente, le bien-être et les sports nautiques. Mais la l’océan et ses vagues, n’appartenant à personne, appartiennent en fait à tous et ont besoin d’être protégés. Mère Nature nous offre ses plus beaux atours et c’est de notre patrimoine naturel universel dont il est question. En tant que surfeurs, nous nous devons de préserver le littoral afin de continuer à jouir de ses bénéfices, pour nous et pour nos enfants… Alors donnons l’exemple par quelques gestes simples qui ne demandent en fait que peu d’efforts au quotidien… Juste quelques bonnes habitudes à prendre pour le bonheur de tous
« Surfing makes you feel that, for a little while, you’re not human. You can do anything when you’re riding that wave, soaring above the ocean » Film-maker, compositeur, guitariste, chanteur, … Jack Johnson est un enfant d’Hawaii devenu homme de talent, mondialement connu grâce à ses chansons surf folk. Surfeur passionné depuis toujours connecté à l’océan, Jack Johnson est aussi quelqu’un d’humble et d’éthique, un environnementaliste engagé auprès d’associations défendant les causes environnementales souvent par le biais de l’éducation et des arts. Marié, père de famille, 5 albums à succès, deux sessions par jours et Jack est un homme heureux qui nous fait partager sa vie avec des mélodies simples mais efficaces …
Né le 18 Mai 1975 et élevé sur l’île d’Oahu, Hawaii, Jack Johnson apprend le surf en même temps qu’il apprend à marcher, guidé par un père longboardeur (feu Jeff Johnson, ami des big wave riders Gerry Lopez, Laird Hamilton et Derek Ho) et ses deux grands frères (Trent et Pete) « My dad would take us out fishing or snorkelling every day, so we grew up in the ocean, it was our playground » Plus à l’aise dans l’eau que sur les bancs de l’école («I could never read a paper in class – I was horrible at oral presentations »), le jeune Jack a 12 ans lorsqu’il tente Pipeline. S’ensuit un sponsoring chez Quiksilver et à 17 ans, il participe à la compétition du Pipe Masters sur invitation… Mais seulement une semaine à peine après l’évènement, il se fait prendre par une vague qui le sort de l’eau pour trois mois, marqué à jamais d’une belle cicatrice (150 points de suture) et d’une nouvelle dent… Finalement, Jack ne sera pas surfeur professionnel, et, malgré la déception, il décide plutôt d’approfondir son jeu de guitare et de quitter Hawaii pour suivre ses études en Californie « When I left for college, I watched my friends surf professionally, traveling all over the world, and it was tough » Alors, lorsqu’il ne surfe pas pour son plaisir, Jack étudie ses cours ou fait la cour à celle qui deviendra sa femme, Kim, ou compose des chansons ou répète avec un petit groupe local (Soil) … qui fera même la première partie des concerts encore underground de Dave Matthews et Sublime ! Puis, en 1998, Jack est enfin diplômé d’université spécialisée en arts cinématographiques…
1999, Jack fait la rencontre d’une de ses grandes influences : Garrett Dutton, alias G. Love. Il lui propose de reprendre sa chanson Rodeo Clowns pour l’album Philadelphonic qu’il prépare avec son groupe The Special Sauce. G. Love accepte et à sa sortie, la chanson passe en boucle sur les radios. Pendant ce temps, Jack Johnson part en trip surf atour de l’Atlantique, le Pacific et le Golfe du Bengale avec son ami Emmett Malloy afin de réaliser, ensemble, le film de surf Thicker Than Water qui sera récompensé Best Film of the Year par le Surfer Magazine Poll. Outre les images, la BO du film attire aussi l’attention. Jack commence donc à faire circuler quelques cassettes de ses chansons à la demande de ses ‘premiers fans’ (son ami d’enfance Kelly Slate, entre autres, qui dira « Jack was able to connect his music and his film work and his surfing into something that was his own »), et, très vite, le nom Johnson fait échos à la surf musique. C’est alors qu’il rencontre son mentor, Ben Harper, qui veut de lui filer un coup de pouce : Jack enregistre son premier album Brushfire Fairytales avec l’aide de son nouvel ami (en guest appearance) et de son producteur puis part en tournée en tant que première partie de son idole. Nous sommes en 2001. Une chance pour Jack qui se fait connaître en dehors de la surf culture. Mais, malgré quelques propositions de maisons de disques, le jeune homme se tourne vers la réalisation de son second film, The September Sessions (également Prix du Meilleur Film par Surfer Magazine)… « We ended up putting out my own records and the soundtracks to the surf movies, It was a pseudo-label to keep control of our own stuff » Ainsi, en créant son propre label, Brushfire Records, et en signant avec Universal un deal concernant seulement la distribution, Jack garde le contrôle de sa créativité et offre la même liberté à ses amis qui lui demandent d’enregistrer sous son label « The last thing I ever really wanted to be was a CEO of anything but friends asked me to put out their records. Emmett and I were a couple of lucky bastards, so I do feel a certain amount of . . . I wouldn’t call it responsibility, but I’m really happy to try to help other bands have a little bit of luck. The label is a labour of love, something that hasn’t made us any money, and I don’t really foresee it will »
Rodeo Clowns, live avec G. Love :
Flakes live avec Ben Harper :
En 2003, Brushfire Fairytales est platinium et Jack enregistre son deuxième album : On and On qui mélange ballades d’amour aux problèmes de l’industrialisation, du matérialisme, des plateformes pétrolières, de la guerre… L’album est enregistré au Johnson’s Mango Tree Studio (son studio d’enregistrement conçu pour ne fonctionner qu’à l’énergie solaire), et deux ans plus tard, Jack enregistre In Between Dreams, un album groovy acoustique marqué par des influences blues et funk. En 2008, c’est au tour de Sleep Through The Static « Some of the songs are about making babies. Some of the songs are about raising them. Some of the songs are about the world that these children will grow up in a world of war and love, and hate, and time and space. Some of the songs are about saying goodbye to people I love and will miss » Puis, toujours dans les valeurs familiales, en 2010, Jack sort son dernier album en date (et en papier recyclé), To The Sea, qui révèle le lien entre son enfance et sa vie en tant que père : l’histoire d’un homme aventurier et amoureux de la mer qui met les voiles et navigue vers Hawaii en se laissant guider par les étoiles, l’histoire d’un homme qui a un fils lui aussi amoureux de l’océan…
Oui, jack est un enfant de l’océan et malgré son succès dans le monde de la musique, son premier amour restera à jamais le surf « I’d probably be happy about not making another record as long as I could surf. I love surfing. It brings balance and harmony into my life » Elevé en pleine nature, les pieds dans l’eau, jack a développé une relation très personnelle avec les vagues et même s’il est plutôt réservé « I’m still pretty bad, but now I don’t feel like my heart’s going to explode every time I do an interview. I like to feel I’m getting past that, especially now I’m a dad », Jack délivre beaucoup de lui-même de par ses compositions. Mais c’est justement cette timidité qui fait partie de son charme : une voix douce et brute à la fois qui va de pair avec une guitare acoustique… Un minimum d’arrangements techniques sur ses enregistrements studios et on a l’impression d’être assis face à lui à partager le BBQ d’après la session surf. Du mellow, du roots, un mélange de folk et de groove qui chantonne la plage, mère nature et les valeurs familiales « I had it instilled by my parents that, if you have something, you’ve got to share it with others » Oui, Jack a reçu beaucoup de l’océan, alors sa vibe il la partage. Outre ses émotions, la musique est aussi un moyen pour lui de partager ses idées : En 2005, grâce à son label Brushfire Records, il donne prés de $250 000 au North Shore Land Trust afin de les aider à protéger le plateau de Pupukea prés du North Shore… En 2006, il compose les chansons du film Curious Georges, un film d’animation sur l’environnement (on retrouvera également ses amis Ben Harper, G. Love et Matt Costa entre autres)… Depuis cette même année, il est à l’origine ou est membre d’associations environnementales sensibilisant par le biais des arts et de l’éducation (Kokua Hawaii Foundation, Johnson Ohana Charitable Foundation, All At Once, 1% For The Planet). Et en plus de cela, ses albums sont enregistrés dans des studios à énergie solaire (un à Hawaii, un autre à Los Angeles), ses bus tour et camions roulent au biodiesel, il revend des tee-shirts en coton bio à ses concerts, trie ses déchets, ne comprend pas qu’on puisse gaspille la nourriture… L’homme est un artiste, un poète, un amoureux de la nature et de sa famille, un homme qui veut protéger ce qu’il aime
Jack Johnson, membre de 1% For The Planet :
Interview suivie d’une chanson d’amour pour sa femme :
Lorsqu’on est l’enfant d’un surfeur et qu’on grandit sur la plage d’Hawaii, que notre cour de récréation est le spot de Pipeline et qu’on passe des après-midi famille avec des Gerry Lopez ou des Laird Hamilton, que nos amis s’appellent Kelly Slater, Emmett Malloy, G. Love et Ben Harper, qu’on surfe pour le plaisir et qu’on compose pour le partage, qu’on est doué et qu’on protège ce(ux) qu’on aime, qu’on est éthique et humble à la fois,… on ne peut que s’appeler Jack Johnson ! Et avec ses valeurs hawaiiennes et son style mellow acoustique jam, Jack Johnson est celui par qui la surf musique a pris une nouvelle dimension « Water is the subconscious, and that water for me is the ocean. To get to the sea is being able to dig in and touch things that aren’t on the surface » Pas de doute, Jack est un poète venu de l’océan…
P.S. Il y a un nouveau single à venir :
Si comme moi, vous avez toujours eut envie de faire votre valise, quitter votre job et la big city pour partir à l’aventure et prendre un grand bol d’air frais, alors, 180° South va vous plaire. Réalisé par Chris Malloy, 180° South est un documentaire-fiction surf-environnemental romantique et poignant. Embarqué aux côtés de Jeff Johnson pour l’odyssée de ses rêves, nous nous laissons porter dans un monde féérique mais bien réel,… au cœur d’un trip dont on sort rarement indemne
« Who gives the shit of the Holy Grail ? That’s the quest that is important »
Jeff Johnson est un écrivain et photographe indépendant, passionné de surf et d’escalade. Un jour, il tombe sur une vidéo inédite : The Mountain Of Storms, le van trip d’ Yvon Chouinard (Patagonia) et son ami Doug Tompkins (The North Face), en été 1968, de la Californie vers la Patagonie, avec planches de surf, skis et mousquetons… Jeff Johnson est époustouflé et se rappellent alors ses souvenirs d’enfance. Il veut surfer cette vague géante, il veut escalader cette montagne faramineuse, il souhaite, lui aussi, découvrir sa quête. Il décide alors de partir sur les traces de ses héros, accompagné de Chris Malloy et sa caméra. Ensemble, ils vont réaliser le remake d’une histoire qui changea à jamais la vie de leurs prédécesseurs, aujourd’hui surtout connus pour leur activisme environnemental. Nous sommes en 2007, la nouvelle génération prend le flambeau mais Jeff n’est pas au bout de ses surprises… et ce sera à la fin de son périple que le disciple rencontrera Yvon et Doug, les deux amis qui dédient leur fortune à la préservation des espaces dont le Corcovado National Park, une forêt d’arbres centenaires, une réserve de plus de 2 million d’hectares que Tomkins aura passé des années à préserver et recréer…
Alors que les ‘anciens’ avaient pris la route en combi-van, jeff johnson préfère naviguer à bord d’un voilier baptisé Seabear. Il embarque à Xtapa Mexique et met les voiles vers le Chili. Seulement, l’océan est déchainé, Jeff a le mal de mer et un mât se brise dans la tempête. Le navire s’échoue sur l’île de Pâques, obligeant l’équipage à rester quelques semaines sur cette île aussi connue sous le nom de Rapa Nui… « The island itself is absolutely beautiful. It has great waves to surf. You don’t feel like you’re surrounded by tourists, but there are enough tourists to keep the economy going. The locals seem unaffected and innocent, very sweet. When you visit the Moai statues there are very few roped off areas and no-one telling where you can and cannot go. It won’t be like that for long » C’est ici qu’il fera une rencontre incroyable « When we dropped anchor on Easter Island I see this girl coming out to us in a panga with flower leis around her neck. I couldn’t believe it. We were on the island for a month and Makohe and I really clicked. So I asked her if she wanted to join us for the rest of the trip. And she did. She’s a very free spirit. One of the most unique people I’ve ever met, much like the island. » Makohe, première surfeuse de l’île qui aujourd’hui donne des cours de surf et apprend aux enfants à cultiver des produits organiques. Elle accepte de suivre Jeff dans son périple jusqu’au Chili où ils rencontrent Ramon Navarro, fils de pêcheur, local du célèbre spot Punta de Lobos, pionnier des surfeurs professionnels de son pays, big wave rider et fervent protecteur de son littoral. Incontestablement outré de l’arrivée des nouvelles usines tuant les villages à petit feu, Ramon se bat chaque jour pour la protection de l’océan et contre la pollution côtière avec l’association Saves the Waves… D’éscales en escales, de rencontres en rencontres, au final, Jeff n’atteindra pas le sommet du mont de ses rêves, le Cerro Corcovado. La glace a commencé à dégeler, il est préférable de ne pas prendre le risque d’un accident, il faut rebrousser chemin… à 180° …
180° South est un documentaire sur l’environnement inhabituel – ce doit être la patte Chris Malloy (Thicker Than Water, Step Into Liquid) … Nous suivons le journal de bord de Jeff Johnson en se laissant inviter à découvrir le paysage, tout doucement. La caméra flotte et glisse parmi des montagnes, des criques, des vallées, des vagues, … et une faune incroyable. La beauté au naturel rendue par une qualité d’image époustouflante. C’est presque du 3D et c’est à couper le souffle. Nous sommes en plein cœur d’Eden mais attention, ce paradis est fragilisé. « After making films for ten years I wanted to go to a place and document the good and the bad elements rather than just creating an ideal world and then splitting to a new location… I wanted to do a deeper analysis of a place » A l’image de Home de Yann Arthus Bertrand ou d’Into The Wild de Sean Penn, 180° South nous fait comprendre à quel point il est important de préserver notre Mère Nature afin de la laisser aussi majestueuse que possible pour les prochaines générations… : il est important de la protéger contre l’érosion du progrès qui englouti la vie sauvage, toujours plus groumant, toujours plus rapide. Comme dans les villes où la vie passe à cent à l’heure, où les gens s’isolent et courent après un idéal confortable gouverné par la consommation de masse. « With computers, iPhones, iPods, the internet, people are so closed off form the natural world and each other. The more technologically advanced we get the more disconnected we get » avouera Jeff dans une interview à la suite de la sortie du film … qui n’est pas un film d’’aventures’ mais plutôt un film ‘philosophique’. Car oui, on ressent parfois plus d’adrénaline à protéger la nature plutôt qu’à la conquérir…
Petit bijou de Chris Malloy, 180° South nous entraîne dans un périple incroyable au cœur d’Acapulco, de Coco Island, des Iles Galápagos, de l’Île de Pâque, de Juan Fernandez et du Chili… Les paysages, d’une beauté rare presque irréelle, et les personnes, qui nous font partager leur façon d’être et de vivre, nous troublent et tout est enclin à nous poser une seule question : ‘Quelle est ma responsabilité sur cette terre ?’ chacun trouvera sa réponse mais une chose est sûre : Aimer l’espace c’est aussi le protéger…
Surfeurs, surfeuses,… si vous aimez l’anticonformisme et que vous achetez ‘durable’, Patagonia doit certainement vous dire quelque chose… car la marque californienne créée par Yvon Chouinard est certainement l’une des marques de sport les plus performantes et la plus éco-responsable à ce jour. 56 ans que monsieur Chouinard surfe, 40 ans que sa marque Patagonia prospère tout en préconisant « que le monde des affaires peut inspirer des solutions à la crise environnementale »… Surfeur passionné, alter-businessman, Yvon Chouinard est à la tête de la seule marque qui vous incite à consommer le moins possible ses produits… pour la bonne cause !
Il y a quelques jours, mon ami Romain m’envoie par mail le lien visant un concours Patagonia pour gagner une combinaison de surf avec comme commentaire « Un nouveau sujet ? »… Bien vu Romain, car avant de vous faire vous précipiter vers leur page concours, j’aimerais attirer votre attention sur la philosophie de la marque … En effet, ce qui me frappe, en visitant leur site, c’est de lire que d’ici une dizaine d’années seulement, « nous seront responsables de 70% de la demande en eau douce »… et (leur réponse) que pour maîtriser la demande et protéger les écosystèmes, le mode de fabrication des produits ainsi que les produits finis doivent causer le minimum d’impact sur notre environnement. Je comprends donc qu’Yvon Chouinard, n’est pas là pour se donner un genre ‘je suis green-je suis in’ mais qu’en instaurant le ‘Common Threads’ et le ‘1% For The Planet’, il nous aide plutôt à réfléchir quant à nos habitudes de consommations et notre impacte sur l’environnement… « Ma vie durant, je n’ai fait que constater une détérioration croissante de tous les processus fondamentaux qui régissent la vie sur notre planète. Nous sommes responsables de la crise environnementale et sommes ceux qui doivent et peuvent agir » Tout est dit, merci monsieur l’alter-entrepreneur
Yvon Chouinard est donc pas un businessman à part… Cet américain né de père français, alpiniste de renom dans les années 50, se qualifie d’’homme d’affaires malgré lui’. Oui, son initiative du ‘Common Threads’ (réduire, réparer, réutiliser, recycler, réinventer) est peut-être la plus atypique dans le monde des affaires. Sa démarche est la suivante :
- on évite d’acheter ce dont on n’a pas besoin ou sinon on achète des produits durables car de qualité
- on demande à Patagonia de réparer ce que nous-même ou notre mamie chérie ne peut réparer
- on donne ou revend les produits non utilisés via les comités d’entraide ou le partenaire eBay
- on renvoie les produits usés pour éviter de polluer encore plus les décharges car ils peuvent recycler 40% de leurs produits textiles
- on rejoint la marque dans leur démarche en signant leur pétition…
Ainsi, tous les clients Patagonia deviennent partenaires de la marque… Et en ce qui concerne le ‘1% For The Planet’, la démarche est aussi simple : chaque entreprise ou personne membre (telle que Jack Johnson) reverse 1% de son chiffre d’affaires à des associations environnementales qui militent contre certains grands problèmes tels que la crise pétrolière, la migration des animaux, le réchauffement climatique, le chalutage de fonds… Et en interne, pour appuyer ces démarches, Patagonia n’utilise que du coton biologique dans ses vêtements en coton et des matières recyclées dans 1/3 de ses produits, lance régulièrement des campagnes environnementales et incite ses employés à rejoindre des actions de leurs choix (Ils peuvent s’absenter jusqu’ à deux mois tout en gardant leur salaire, sympa !)…
Voilà ce que j’appelle un film surf culture :
C’est ainsi que, grâce à sa philosophie, ses initiatives et son réseau de partenaires, Patagonia s’est depuis longtemps créée une excellente réputation. Et en ce qui concerne les équipements de surf, c’est pareil. Belinda Baggs, Gerry Lopez, Claire Karabatsos, Keith & Dan & Chris Malloy et Mercedes Maidana pour ne citer qu’eux, ont d’ailleurs depuis longtemps rejoint la marque qui, depuis 1996, fabrique ses propres planches de surf sous la directions de Fletcher Chouinard (FCD) « If you love surfing, your surfboard is the most important piece of equipment you own. Technically you could surf with no wetsuit, no leash – you don’t even need a bathing suit – but you need a board. You should have an intimate relationship with something that you depend on for your lifestyle. » Aucun doute, c’est bien le fils de… Et pour lui, c’est ‘pas de fabrication en série, toutes les boards sont réalisées à la main par des shapeurs expérimentés et avec le minimum de produits toxiques ou de matériaux non-recyclables’. Parfait. Du coup, là encore, la qualité ne peut qu’être meilleure… Fabriquées à partir de polystyrène extrudé, lattes en bois renouvelable, warp glass, résine époxy et ailerons amovibles, les planches sont plus fines, plus légères, plus flexibles, plus robustes et moins polluantes. Pour les combinaisons, même chose : grâce au néoprène à base de nitrogène haute-densité, au polyester recyclé et à la laine mérinos, elles sont plus performantes et durables. Ajoutez à cela un travail minutieux quant aux moindres détails de réalisation (fil, couture, renfort, genouillères,…) et vous obtenez des combis qui sont plus solides, qui vous tiennent plus chaud, qui sèchent plus vite et qui sont plus respectueuses de l’environnement. Bon ben voilà, c’est tout ce qu’on demande n’est-ce pas ?
Après s’être fait un nom dans la fabrication de matériel d’escalade puis de sports de plein air, Yvon Chouinard s’est naturellement tourné vers son premier amour, le surf. Et c’est surtout depuis l’arrivée de son fils Fletcher dans la société que les équipements surf ont pris une nouvelle dimension au sein du surf business… Patagonia, c’est donc une histoire de 40 ans qui nous prouve qu’encore, aujourd’hui, on peut être à la tête d’une entreprise mondialement connue sans mettre de côté ses convictions environnementales et tout en fabriquant des produits de qualité… Alors maintenant, que vous en connaissez un peu plus sur les combinaisons Patagonia, ça vous dit de participer au concours pour tenter d’en gagner une ?
Surnommé le virtuose du didgeridoo, Xavier Rudd est un songwriter multi-instrumentaliste australien dont la réputation n’est plus à faire en Australie comme en France. Xavier Rudd est le prince de ce que j’appelle la musique « surf’n’sand », un environnementaliste engagé dont la musique est reconnue pour la qualité de ses compositions tant au niveau de la mélodie qu’au niveau des textes
A l’instar de ses potes Ben Harper et Jack Johnson, Xavier Rudd joue du reggae, funk, blues et de la folk. En utilisant des variations électro-acoustiques aux airs de musique aborigène (didgeridoo, bongos…) et de musique néo surf (slide guitare, batterie), il joue une musique colorée et harmonieuse qui nous connecte avec les ondes et forces de la nature….tout ce que j’aime “I’ve absorbed so much culture and energy from where I’ve traveled, and it becomes a part of me.” Sa musique est roots, pleine d’émotion et fleure bon la spiritualité
En suivant la lignée de ses amis Ben Harper, Jack Johnson, Donavon Frankenrieter, The Cat Empire, The John Butler Trio et les autres, Xavier Rudd nous offre de la surf’n’sand au son rock-folk, au goût d’eau salée et qui sent bon le sable chaud. Souvent reprise dans des films de surf, sa musique est l’emblème des néo-hippies surfeurs mais pas seulement. Elle est aussi l’emblème de ceux qui voyagent, s’imprègnent des cultures et apprennent à préserver le monde dans lequel on vit…
Xavier Rudd est aussi connu pour offrir des lives incroyables durant lesquels il en profite pour encourager son audience à prendre part à la défense de l’environnement. « When I realized how animals have to suffer in the meat industry, I decided never to eat meat again. »En plus d’être végétarien, Xavier Rudd défend le peuple Aborigène et s’est engagé auprès de l’association Sea Shepherd Conservation Society qui se bat contre la destruction de l’océan et de son écosystème. Il a d’ailleurs composé« Better People » pour leur rendre hommage. « I write about what I care for »
Lorsqu’il ne compose pas ou ne joue pas devant son public, Xavier Rudd en profite pour surfer. “Surfing has always been a part of me and exists somewhere in all my music” Surfeur depuis l’âge de 5 ans, Xavier Rudd a l’habitude de glisser sur les vagues de Torquay et Bells Beach, Australie avec son fish 6’ mais aussi partout où il y a des vagues « It’s a sacred thing to me because I only have a handful of opportunities. I have to make the most of them when I can.” Du coup, lorsqu’il est en tournée cela lui arrive même de partager des sessions avec ses potes Kelly Slater (avec qui il joue aussi de la gratte), Mick Fanning, Taylor Knox et Mike Parsons pour ne citer qu’eux.
En plus d’être un artiste incroyablement talentueux, Xavier Rudd est aussi un homme profondément humain connecté à son public et les personnes qui l’entourent. Ses compositions reflètent la culture australienne et sa musique est comme une vague sans fin : mystique et délectable. Xavier Rudd est à écouter sans modération avant ou après les sessions, à reprendre en cœur autour d’un feu de camp ou lors de ses concerts.
Discographie :
To Let (2002), Solace (2004), Food in the Belly (2005), White Moth (2007), Dark Shades of Blue (2008), Koonyum Sun (2010)