Début Juin il y avait la compétition VQS MULLET FISH sur la plage de l’Horizon au CAP FERRET. Je venais à peine de rentrer d’Australie alors voir une compète à la maison comme cadeau de retour je dis oui ! Une fois sur la plage, inscrite sur le tableau des surfeuses participantes, je découvre le nom Caroline Sarran ! Rooooo ! Championne d’Europe ASP 2004 et 2005, Caroline Sarran est aujourd’hui free surfeuse qui fait de la compétition plus pour rigoler… N’empêche, Caroline Sarran est une surfeuse qui m’a marqué… faut absolument que je trouve le moyen de la rencontrer, quand même ! Je scrute la plage, je la vois, je m’approche, je me présente, on discute… pas trop longtemps, je ne veux pas la déranger en pleine compète… Caroline Sarran, jeune femme adorable, veut bien répondre à mes questions et me donner de jolies photos (shootées par Laurent Masurel et Antoine Quinquis) … Cool !
Age : 26
Années de surf : J’ai commencé vers 6/7 ans
Home spot : Capbreton Santosha, Piste, VVF
Stance : Regular
Boards : Rob Vaughan surfboards, modèle broadsword 5’8
Spot favori : Snapper et Angourie (Australie), Trestles (USA), maison
TripSurfeuse : Tu as commencé le surf à l’âge de 6 ans, avec ton père (ancien champion de France)… Le surf en famille c’est comment ?
Caroline Sarran : C’est vrai que j’ai commencé très jeune. Mon père a d’abord poussé mon grand frère, mais il a beaucoup plus accroché avec le foot, du coup j’étais la suivante sur la liste, et moi… ben j’ai adoré ça … Ma mère ne surfe pas du tout, quand j’étais petite, mon père me poussait sur les mousses et ma mère me réceptionnait au bord dans le sable… Je ne me souviens pas de ma première vague mais plus de moment comme celui précédemment décrit ou ma mère me récupérait.
Je me suis toujours très bien entendu avec mes parents, même si parfois il y a eu des engueulades et des larmes avec mon père a cause du surf, je m’aperçois maintenant avec du recul que ce n’était que par propre déception lors de certains échecs. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents comme les miens, toujours à mon écoute, ils m’ont toujours supporté et épaulé dans mes choix.
Très vite après ta première mousse tu commences la compétition,… contre des garçons ! La compétition, ça vient de toi ou de ton père ?
Ben j’imagine qu’à cet âge-là c’est plutôt mon père qui m’y a mit en premier… à l’époque on n’était peut être que 2 ou 3 filles à faire les compétitions de jeunes, souvent on était donc mélangé aux garçons, j’ai grandit à faire des compètes avec des mecs comme Simon Marchand et Romain Laulhé, et on se retrouvait souvent sur les podiums… je pense que de surfer et me mesurer aux garçons quand j’étais petite a été très bénéfique pour ma progression.
Puis, 8 ans après ta première mousse, tu deviens championne de France et d’Europe Espoir pour 5 années consécutives… ! Comment t’es venu le goût de la compète ?
Je pense que le goût de la compétition est tout simplement venue avec le temps, à force de faire des compétitions et de gagner j’en voulais toujours plus… Une fois que l’on prend goût à la victoire on ne peut plus s’en passer. J’ai toujours aimé les compétitions pour le coté convivial, retrouver à chaque fois tout le monde… c’était top.
Quelles ont été tes journées type d’entrainement ?
Au niveau de mes entrainements, je n’en ai jamais vraiment eu… ça a toujours été que du surf, je passais beaucoup de temps dans l’eau, après j’ai fait d’autres sports a côté comme de la gym, de l’athlétisme, du snowboard, du volley… je pense que ces sports étaient de bons compléments…
En 2007, tout le monde t’attend au tournant : championne de France et d’Europe Espoir de 1998 à 2002, championne d’Europe ASP 2004 et 2005, WQS en 2006… tu te qualifie au WCT pour l’année 2007 mais rétrograde alors en WQS… que s’est-il passé ?
Le WCT a toujours été mon objectif, mais je crois que ce rêve est arrivé au mauvais moment… A cette époque, ça faisait quelques mois que j’étais avec Jean-Seb (mon copain), il a d’ailleurs joué un rôle décisif dans ma qualification pour le WCT, il me coachait sur les compètes… Lors de mon année sur le WCT, j’ai souvent dû partir sans lui sur des compètes et je me sentais vraiment mal à chaque fois… Je partais en pensant déjà au retour et pas du tout à la compète… Aussi, cette année-là, j’ai peu à peu perdu l’envie de surfer, le plaisir, du coup je surfais à contrecœur… Je pense que j’ai fait une petite overdose de surf et elle est juste tombée au mauvais moment…. Ensuite pour finir, il y a eu ma blessure au cou, grosse entorse cervicale, c’était lors du surf de nuit a Anglet : j’ai tapé la tête au fond sur le sable et mon cou a craqué, je suis tombée dans les pommes et ai été évacuée à l’hôpital… Mes parents et mes amis étaient tous présents, mes parents ont eu très peur, moi aussi… ça a un peu été la sonnette d’alarme.
Tu as tout de même battu de grandes surfeuses telles que Layne Beachley, Keala Kennelly, Rochelle Ballard… et les médias te qualifient de surfeuse dangereuse et impressionnante tant au niveau de ta force que de ton engagement… Comment ça se passe la compétition entre surfeuses ?
Je pense que les filles comme les mecs réagissent un peu pareil, dans l’eau c’est chacun pour soi, même si on se retrouve contre une super copine, il n’y a pas de cadeau… Par contre, on se respecte, que se soit dans l’eau ou hors de l’eau. En général l’ambiance est super cool, même si tout le monde ne s’entend pas forcément, tout le monde est poli et respectueux. Je n’ai pas de « vraie » meilleure amie dans le surf…mais j’y ai rencontré des gens géniaux de toutes les nationalités…
En 2007 tu rencontres ton grand amour Jean-Seb, lui aussi surfeur, et petit à petit tu te tournes vers le free surf …
J’ai rencontré Jean-Seb en plein milieu de mon année de qualification pour le WCT, il a était d’un très grand support. Après nous avons une relation très fusionnelle et pour moi partir à l’autre bout du monde sans lui était très difficile, je le vivais très mal… Du coup, petit à petit, je n’avais plus envie de partir seule, je n’avais plus le cœur aux compétitions… et petit à petit, je me suis tournée vers le freesurf… le bon compromis. Après, j’ai fait des compétitions depuis que je suis gamine, je pense que c’était le bon moment pour dire stop et poser mes valises.
Quel est ton meilleur et ton pire souvenir trip surf ?
Pire souvenir: Lors du WCT de Sunset en 2007, étais en train de gagner ma série… et puis je suis tombée sur une vague. C’était gros, un gros 2m50, lors de ma chute, j’ai ricoché sur l’eau, tête la première,… mon cou a violemment craqué je n’arrivais plus a bouger la tête… j’ai dû abandonner la série (que j’ai au final gagné) et la compète par la même occasion.
Meilleur souvenir: ma victoire à Fiji lorsque j’ai éliminé Layne Beachley, les vagues étaient grosses mais j’ai surfé une de mes meilleures séries de compète… un grand moment pour moi …
Question philosophie de vie : Le surf c’est quoi et une vie sans surf c’est comment ?
Une vie sans surf, je ne sais pas, je ne l’ai jamais vécu, le surf a toujours été très présent dans ma vie… Le surf pour moi c’est avant tout une passion, ça a été un métier également et une belle école de la vie… Grâce au surf, j’ai vu le monde et ses cultures, j’ai grandi vite mais ça en valait le coup…
Merci Caroline Sarran d’avoir pris le temps de répondre à mes questions ! Un petit mot pour les lecteurs de TripSurfeuse’s Blog ?
On n’a qu’une vie !!! Profitez de la vie au jour le jour … on ne sait pas de quoi demain sera fait !!!
Merci Caroline pour l’interview, les photos, ton sourire et ta gentillesse ! On peut suivre les trips surf avec ton amoureux sur votre site A2cB1 , joli site qui fait rêver… Pour ma part, je te/vous souhaite beaucoup de bonheur et j’espère avoir l’occasion de partager une session avec toi, ici ou ailleurs… aujourd’hui ou demain… à suivre…
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