Ishita Malaviya est très jolie, certes, mais elle est surtout la première surfeuse d’Inde. C’était quand vous demandez-vous… et bien c’était il y a 6 ans. I beg your pardon? Oui-oui, vous avez bien lu : Ishita, la première surfeuse d’Inde, a surfé pour la première fois en 2007 !
Euh, l’Inde, on parle bien de L’Inde ? 7 500 km de côte, 1,2 milliard d’habitants et pourtant une toute petite communauté surf comprenant une centaine de pratiquants à peine dont 1 femme ??? Il y a sûrement pas mal de questions qui vous viennent en tête du style ‘mais euh.., comment, quoi, d’où ?’
Vous saviez vous, que l’Inde compte 75 000 morts par noyade par an? Que malgré l’étendue de ses côtes il n’y a pratiquement pas de beach culture? Que les plages sont pratiquement désertes parce que la plupart des habitants ne savent pas nager ? Que beaucoup en Inde ont peur de l’océan ? Ceci expliquerait cela…
Contrairement à ses pairs, Ishita n’a jamais vraiment eut peur de l’océan. En 2007, elle la tente avec son petit ami Tushar : ils rident leur premières vagues, Ils aiment ça et construisent leur vie autour du surfing : Ishita et Tushar lancent le Shakra Surf Cub situé sur la côté Ouest de l’Inde, à Manipala, dans le Karnataka. Le couple y donne des cours de surf aux locaux et tous deux espèrent que leur initiative fera évoluer les mentalités
Cela vaut bien un documentaire, vous ne croyez pas ? Ha-ha, je vous vois venir, vous aussi vous voulez y aller en Inde pour trip surfer sur des pics qui ne comptent… personne !? Sachez qu’il existe déjà un documentaire qui vous mettra définitivement l’eau à la bouche: Beyond the Surface, dirigé par Dave Homcy (Surfwise, ça vous rappelle quelque chose peut-être ?).
Beyond the Surface n’est pas le premier documentaire de surf humanitaire mais c’est le premier du genre à être filmé en Inde. On y voit 5 surfeuses environnementalistes et Ishita trip surfer dans le sud du pays en passant par Kovalam Beach, le spot de reef artificiel. Les jeunes femmes commentent les bienfaits du surf, du yoga, de la créativité, de l’écologique … un film qui va faire des vagues dans un pays où on ‘préfère’ toujours les hommes aux femmes mais un message d’espoir pour les collectivités locales…
Beyond the Surface, le trailer:
Kovalam Beach, le spot de reef artificiel:
Il y a quelques temps, Nat m’a demandé conseils pour le trip surf qu’elle aimerait organiser avec sa petite famille… Nous nous sommes échangé quelques mails et la façon dont elle vit le surf au travers de sa vie personnelle m’a totalement bluffée. Je lui ai donc demandé de nous écrire sa vie car je suis certaine qu’elle peut en inspirer plus d’un ou plus d’une. Ultra positive, Nat nous délivre ici un très beau message. Prenez quelques minutes à la lire et vous allez comprendre …

'La vie est belle, vraiment je me dis qu'on a énormément de chance d'avoir la mer et la passion' Nat
TripSurfeuse m’a dit, allez, racontes ta vie. Alors voilà, je me lance, mais je la trouve tellement banale que je me demande encore pourquoi raconter mon histoire.
Moi c’est Nat, génération x et 45 ans bien trempés. A 13 ans j’ai découvert la PAV (Planche à Voile), puis j’en donnais des cours dans un club en job d’été ; à l’époque c’était le funboard et les premiers sauts sur un proto en carbone… Bac, études à Paris et à Bordeaux. Club de croisière sur la Rochelle. J’ai eu la chance de voir le rayon vert de retour d’une croisière de l’île d’Yeu.
En 1994, inscription au Lacanau surf club et achat de mon premier thruster d’occas’. Et splash, coup de foudre avec les vagues. Le surf c’est pour la vie. J’étais pas très douée (et pas maintenant non plus) mais acharnée tous les week-end hivers et étés. J’habitais le vieux Bordeaux et je prenais le premier car du matin pour ne rentrer que le soir. Pas de voiture. La Nord, ma préférée. A l’époque pas beaucoup de filles à l’eau, je me souviens avoir sympathisée avec une groomet, Isabeau c’était son nom.
Rencontre avec mon compagnon lors d’une croisière pour remonter un bateau du Portugal en Bretagne. C’est pas un surfer, mais bon il s’y mettra un peu. Puis départ aux US loin des vagues, dans l’Ohio pour 2 ans. Pas beaucoup de surf sauf lors d’un mini trip en Californie. Retour en France avec une priorité, trouver un Job dans le Sud Ouest. Et voilà, on s’installe sur Libourne. Tous les WE sur la côte.
Et puis la vie s’éclate, un premier bébé, un premier soleil. Un soleil coquin, avec un chromosome 21 de plus que nous et qui vous donne de la force de voir la vie plus belle : notre fille, notre fée à nous. Après un démarrage fatiguant, son cœur a reçu une super rustine. Merci la science qui sait faire des miracles ! Notre pitchoun vient avec nous tous les WE, sur le dos, entre les surfs, avec un biberon, puis un p’tit pot. Préférence pour Lacanau sud, tranquillité des spots après une ballade sous les pins. C’est une fan de la mer. Tout juste un an après, son petit frère arrive, c’est un poisson, un futur amoureux de l’océan comme nous tous. Lui aussi sera sur le dos. Parfois pas facile avec deux pitchouns, deux surfs et deux sacs à dos, mais les parents sont motivés.
Avec l’âge, on décide de planter la tente à Carcan les WE ; le papa est plus un fan de catamaran et il navigue sur le lac quand les vagues sont nuls. La famille va à l’océan quand c’est plus joli. L’été on partait en camping à Crozon, à Quiberon, à La Torche.
Déménagement près de Nantes en 2006, les vagues sont différentes, mais sympa et pas dangereuses. Les enfants démarrent avec une biscotte. Notre fille n’a jamais peur, on est toujours avec elle, elle ne sait pas nager, probablement ne le saura jamais. Elle n’a pas acquis le langage, et ne pourrait pas appeler au secours si besoin, d’où notre présence rapprochée quand elle est dans l’eau. Vous connaissez la sensation de bonheur que l’on ressent quand on surf une vague, grosse ou petite ? Hé bien quand on la pousse sur une vague et qu’on la voit partir en surfant sa biscotte et qu’on l’entend crier ‘ouahah ohoho’, et qu’elle nous fait un énorme sourire arrivée à la plage, c’est du vrai bonheur pour elle et pour nous ! Ces instants sont magiques et c’est un concentré de peps qui lui donne du bonheur et des souvenirs…
Puis mes quarante ans arrivent et je change radicalement de métier : de responsable d’un laboratoire R&D, je passe dans la finance d’entreprises et devient investisseur en capital risque. Entre temps, on me découvre un cancer du sein. Banal. En fait, c’est celui que j’aurai choisi, si choix il y avait eu! On le connaît bien et il se soigne tranquillement apparemment. J’ai de la chance, le gros des traitements se passe l’hiver, et pas trop de regrets car je loupe peu de vagues.
Les beaux jours reviennent. Tartinée de crème solaire, je fais attention à la rame,… un bras sans ganglion, ça fatigue plus vite, et il faut refaire les muscles. A la fin de la radiothérapie on est en juillet et hop, départ pour notre camping préféré à La Torche. Les kg se sont incrustés, satanés traitements. A la rame, la douleur est toujours là : un hématome persistant qui me rappelle que la vie est trop courte et qu’il faut toujours en profiter un max. Tant pis, et ce genoux que je remets au take off! Bigre … Heureusement que le longboard existe!
En famille, on alterne toujours quelqu’un avec les enfants, et voilà soit le papa, soit la maman à l’eau sur le longboard. Et ce sont les séances biscottes où les enfants s’éclatent à leur tour. Notre fils grandit, sa nage devient parfaite, il est prêt. Je lui donne un petit thruster que j’avais acheté à Bordeaux et gardé dans mon quiver. Il apprend en Loire Atlantique et il a le coup de foudre.
Les étés à La Torche rythment nos vacances. Au passage je salue le camping de La Torche, très sympathique et agréable. Le matin : lever tôt pour être à la plage de bonne heure avant que le vent ne se lève. Baignade, surf, biscotte quand il fait beau avec une tente de plage pour les enfants ; notre fille s’y plaît bien et ils sont à l’abri quand la pluie ou le vent sont au rendez-vous. Puis vers 14-15 h retour au camping, douche et rinçage du matos et on prépare le déjeuner. Après-midi, ballade, farniente, piscine ou troquet du coin.
Tout le monde s’éclate. Je reprend la forme et abandonne le longboard pour un wombat plus réactif. Mon groomet vient à l’eau avec moi le plus souvent et nos sessions sont de plus en plus longues. Il passe la barre et fonce devant moi. Ses take off sont rapides. La mamma est bien fière. A 12 ans il me suit partout. Souvenir d’un matin tôt à Tronöen, on était 4, vagues parfaites…
Les WE, on surfe en Loire Atlantique ou en Vendée, parfois. Notre fille est toujours partante pour enfiler sa combi et venir à l’eau avec nous, mais je lui réserve les jours où il fait beau. Notre fils est comme moi, on se change dans ma clio, on se caille, on râle et on s’amuse bien. Le papa, lui, préfère son catamaran. Mon fils a grandi, il a un nouveau surf. Moi aussi, ayant cassé en deux mon wombat dans les vagues de La Torche l’été dernier, j’ai aussitôt acheté un egg. Pas mal aussi.
Puis le crabe refait des siennes et métastase après 2 ans de calme. Opération, traitements… et là, c’est à vie. Entre les chimios, on va à l’eau avec mon fils. Heureusement ma cagoule me protège bien l’hiver, car sans cheveux, il fait bien froid. Je passe difficilement la barre quand la fatigue est là. Et je me repose sur mon surf en maudissant mes globules blancs qui n’en font qu’à leur tête !
En ce moment, je perds mes ongles et mes cils. Et zut, je mets une plombe pour enfiler ma combi, douleurs énormes aux phalanges ; Allez, Nat, t’as de la chance, tu vas aller à l’eau ! Oui mais imaginez mettre une combi sans les mains…. et puis l’eau de mer creuse un max mes doigts et la douleur est constante. Bon, je reste sur les baïnes pas loin du bord car je n’ai aucune force. Et là c’est magique : la vague arrive et la baleine (c’est moi) se lève et s’éclate ; et pfuitt, plus de douleur, que du bonheur !!!
Bon je ne raconte pas le ré-habillage….Mon fils est bien cool, je le laisse tranquille et il prend ses séries, et il sourie. La vie est belle, vraiment je me dis qu’on a énormément de chance d’avoir la mer et la passion.
En ce moment ma fille regarde les ‘Blue Crush’ en boucle sur sa tablette. A 15 ans, ma triso préférée est aussi midinette et tant mieux. Moi c’est ‘The Present’, ou ‘Sprout’ ou ‘Scratching the Surface’ que je visionne quand je suis coincée sur mon canapé. En ce moment par exemple, on vient de m’opérer et je n’ai que cela à faire pour avoir la pêche !! Parfois la baleine est un peu triste, et ne se reconnaît plus en face dans la glace (une baleine sans cheveux, sans sourcils, balafrée, qui ne peut pas bouger…), il n’y a que les yeux qui sont là bien vivants.
Mais je pense toujours qu’on a de la chance. Il y aura toujours la mer et ses vagues pour nous. D’ailleurs, dans 10 jours, retour à l’eau… Et le reste c’est peanuts, même si parfois c’est pas toujours simple à gérer.
Et puis aussi grâce à la toile, on découvre des trips, des moves, des personnes, qui vous donnent du soleil. J’ai dans la tête de préparer un trip avec ma p’tite famille. Cet automne, cet hiver ou après, mais j’y réfléchis sérieusement. Il y a quelques années, on étaient allé au Maroc autour d’Agadir et c’était plutôt génial comme dépaysement.
C’est dans cette recherche de trip que j’ai découvert TripSurfeuse. Et le site est un vrai régale, merci TripSurfeuse.
Nat
Un très grand merci, mille fois merci Nat !
Ira Opper, ça vous dit quelque chose ? Avant de voir son film de 2007 Hang- The Manifest Destiny of the Longboard Cult, je n’avais jamais entendu parler de lui et pourtant, le monsieur fait des vagues dans le monde du surfing depuis un bon bout de temps. Il est le premier à introduire le sport extrême à la télévisions américaine, il est le premier à sortir un film de surf en format DVD, il est celui qui a reçu 7 Emmy Awards, il est celui qui référencie le plus large choix de films de surf en VOD sur le net. Alors, forcément, il me fallait écrire sur lui…
En 1964, Ira Opper est l’un des heureux spectateurs d’Endless Summer narré ‘live’ par Bruce Brown … et c’est la claque pour le jeune californien de 15 ans ! Une année de surf à son actif, un film qui le transporte et Ira sait déjà de quoi sera fait son destin « My plan was to live at the beach, surf, and dress like a gardener » Après l’obtention d’un diplôme de Broadcast Journalism à l’université d’Arizona State, Ira Opper se lance dans la vie active avec une énergie débordante et plein d’idées en tête dont celle, évidemment, de rendre le surf plus populaire, plus accessible et ce pour un plus grand nombre…
Dans les années 80, Ira Opper veut introduire les sports extrêmes à la télévision américaine. « They called these non-traditional sports ‘trash sports,’ and I was considered a trash producer when I first got started. I got rejection letter after rejection letter » Les chaînes de télévisions ne sont donc pas préparées mais à force d’obstination, Ira voit une première porte s’ouvrir… « It took a lot of time for surfing to break out of its shell and crack the mainstream. With cable television and multiple channels, eventually there was a home for surfing. » C’est ainsi le début de Surfer Magazine TV sur ESPN puis The Surfer ‘s Journal sur OLN alors qu’en même temps, Ira Opper continue de produire des vidéos plus core visant un public d’aficionados, le public underground. Dans la fin des années 80, il devient l’un des directeurs/producteurs de films et séries surf les plus actifs…
Au milieu des années 90, le surfing est en pleine mutation : les pratiquants sont de plus en plus nombreux, les surfeurs professionnels sont vus comme des rock stars et les surfeuses font leur grand boom. Le surf est synonyme de lifestyle et les marques telles que Quiksilver, Billabong, ou Rip Curl ont pris possession du créneau. Pendant ce temps, Ira Opper a un seul but, celui de préserver l’histoire et la culture surf. Il filme, il collectionne, il garde précieusement. Avec le succès grandissant de l’image surf et l’éventail toujours plus grand des chaînes de télévisions spécialisées ainsi que le développement d’Internet, les choses commencent à changer sérieusement pour la carrière d’Ira Opper. En 1995, il lance son Opper Sports Productions…
En 1999, Ira Opper est le premier à éditer un film de surf spécialement conçu pour sortir en format DVD. Le film s’intitule Super Slide : Beyong the Glide et la communauté surf est stoked. « When the video technology transitioned from analogue to digital in the late 90s, I jumped in. I knew that one day the internet would become the primary global video distribution outlet… » Il ne se trompe pas puisqu’en 2001, il lance le site internet surfhistory.com ‘The Ultimate Surf Spot on the Net’, celui qui a alors la prétention d’offrir le plus large choix de vidéos surf sur le web… et un an plu tard, il met en place la VOD. En 2003, il produit Longboard TV pour la chaine Fuel TV et en 2005 c’est au tour de l’émission Surf Classic TV. Télévision, DVD, internet… Ira prend tous les supports !
En 2007, surfhistory.com change de nom pour theSURFnetwork.com et devient ainsi la plateforme de VOD surf la plus fournie du web. « Surfing has its own music, clothing, language and now we have our own Network. By utilizing the web as a delivery system, we can offer high quality video downloads of surf films and television shows to a passionate audience. » Aujourd’hui, thesurfnetwork.com englobe un peu plus de 700 films et séries surf datant depuis 1958 ! La caverne d’Ali Baba de tous les surfeurs et surfeuses ! Je n’ai qu’une chose à ajouter: Good job Ira !
Avec quelques Emmy Awards à son actif, Ira Opper est un homme chanceux et il le sait. « I feel very fortunate to mix my profession and my sport to make it a career ». Oui, j’en connais d’autres qui rêveraient sa vie ! En même temps, pour les artistes me lisant, ceux qui ont réalisé des vidéos de surf et souhaitent distribuer, vous pouvez peut-être avoir la chance d’apparaître sur le catalogue de TheSurfNetwork.com. Pour cela, il vous suffit de contacter Monsieur Ira Opper par mail Hé, on ne sait jamais, il faut savoir se jeter à l’eau! ;)
Bérengère, c’est cette nouvelle surfeuse incroyable que j’ai eut le plaisir de rencontrer l’été dernier. Elle est tombée sur mon blog, m’a posé quelques questions par e-mail et s’est déplacée jusqu’à la Cap Ferret Surf School afin que nous nous rencontrions. Elle venait tout juste de commencer le surfing et par le biais de son métier s’était engagée auprès de l’Association Vagdespoir. Notre conversation et les e-mails que nous nous sommes échangé en suivant m’ont tout simplement donné envie de faire son interview et en la lisant, vous allez comprendre pourquoi…
Prénom : Bérengère
Age : 26 ans
Années de Surf : Euh… pour ma part, ça se compte plutôt en mois… genre 3 mois!
Planche de Surf : une 7.3 bic et un longboard 9′ bic (bic selon les bons conseils d’une rideuse!)
Home Spot : Lacanau, Carcans (c’est un bien grand mot…)
Inspiration : Les amis qui surfent
Originaire de : Bretagne, habite maintenant à Bordeaux
Etudes : Etude de kiné à Liège
Métier : Masseur-Kinésithérapeute
TripSurfeuse : Tu as découvert le surf il y a peu de temps et tu es plus que jamais motivée. Peux-tu nous décrire l’épopée de tes premières expériences glisse et nous expliquer pourquoi le surf est devenu une passion pour toi ?
Bérengère : Ma 1ère expérience de surf s’est fait à Royan, dans la baie de Pontaillac. J’étais avec un ami surfeur, et un matin, il m’a prêté une planche et je me suis lancée…! J’ai réussi à me lever dès ma 1ère session. C’était tôt le matin, être dans l’eau, se sentir glisser, sensation agréable de liberté et de calme… Le lendemain et le surlendemain, j’y suis retournée… La baie de Pontaillac est protégée du vent, il n’y a pas de baïne, la taille des vagues était de 70cm, les conditions étaient idéales pour commencer… alors je me suis lancée, j’ai acheté ma planche!
1ère expérience avec ma 7,3…. c’est le jour où je l’ai reçue… hop hop hop, le soir après le boulot, j’ai filé à Lacanau… je voulais tellement l’essayer que j’ai pas regardé ni les conditions, ni les heures de marées… c’était marée haute avec un gros shore break… je suis rentrée dans l’eau, je n’avais pas d’équilibre sur ma planche (elle tanguait même étant allongée!) et je me suis fait éclatée sur la plage entre les cannes à pêche des pêcheurs au bord de l’eau… bon, 1ère expérience pas extraordinaire…
Ensuite, je me suis d’autant plus intéressée au surf, et j’ai découvert tout ce qu’on pouvait faire avec un longboard…. le hasard a fait que j’ai trouvé un longboard d’occasion… et hop…
Après avoir bougé pendant prés de 2 ans et demi pour ton métier, tu t’installes finalement sur la région bordelaise et t’engages bénévolement auprès de l’Association Vagdespoir… Accompagner des handicapés dans une approche de Surf Thérapie, cela doit être passionnant pour la kinésithérapeute que tu es ? Quel est ton rôle au sein de l‘association et comment vis-tu cette expérience ?
La découverte de Vagdespoir m’a ouvert les yeux sur la pratique du handisport. Le handisport ne se résume pas au basket-fauteuil ou à l’athlétisme. Elle m’a fait découvrir que RIEN n’est impossible quelque soit le handicap.
En tant que kinésithérapeute, cette expérience m’a permis de mieux guider mes patients handicapés. J’ai travaillé au sein d’un grand centre de rééducation et Vagdespoir me permet de montrer à mes patients ce qui est possible de faire avec un handicap, de les motiver et de leur donner un but après leur rééducation. Le handicap n’est pas une fin en soi, c’est une nouvelle vie qui commence, il faut appréhender un nouveau corps. Mon métier est d’orienter ces patients, les aider à surmonter cette acceptation du handicap.
Au sein de l’association, je suis comme tout autre bénévole, j’accompagne les handis à l’eau, je les aide à se changer… si besoin est, je reprends mon rôle de kinésithérapeute! Le surf permet de nous dépasser aussi bien en tant que valide qu’en tant qu’handi. Pour ma part, je n’avais jamais été dans les vagues telles que celles de Lacanau avant la rencontre de Vagdespoir. Le fait d’accompagner des handis à l’eau m’a permis de surpasser l’appréhension que j’avais et j’ai ainsi partagé des moments de folie, du pur bonheur, des sensations UNIQUES de partage!
Il y a quelques mois, tu as été engagé dans un cabinet de kinésithérapie. De tes patients pratiquant le surf, quels sont, en général, les cas à traiter, quels sont les remèdes apportés et que leur préconises-tu ? Inversement, de tes patients ne pratiquant pas le surf, leur proposes-tu le surf comme Surf Thérapie et si oui pourquoi ?
Les remèdes sont vastes! Chaque articulation a une rééducation bien particulière…!
Pour globaliser, ce que je conseille fortement, ce sont tous les étirements des muscles du bassin et des membres inférieurs pour prévenir tous les maux de dos possibles ainsi que les entorses probables. Aussi, très important, ce sont tous les exercices de gainage qui renforcent autant la ceinture abdominale que tous les muscles du corps! En surf, les exercices d’équilibre sont primordiaux : sur un pied, les yeux fermés, sur sol instable…. et pour finir, en cabinet, j’utilise tout particulièrement le ballon de Klein. C’est un gros ballon de 65 à 75cm de diamètre. Ce ballon est, pour moi, un élément clé en rééducation, que ce soit pour le dos, les épaules, les chevilles… Il sert autant à s’étirer, qu’à faire du renforcement musculaire, qu’à travailler l’équilibre: c’est un outil de travail ludique avec une multitude d’exercices possibles!
L’échauffement est peu pratiqué en surf. Prendre 10 petites minutes pour s’échauffer les épaules, le cou, le bassin, les genoux et les chevilles… c’est la clé pour bien surfer et éviter les blessures! Je pense que les sports complémentaires utiles pour le surf sont la natation et la course à pieds. Ces sports sont complémentaires pour entretenir une bonne musculature et une bonne endurance.
Pour ce qui est de la pratique du surf à conseiller, actuellement, je ne pratique pas suffisamment le surf pour pouvoir orienter mes patients dans cette direction. Dans l’avenir, je la conseillerai très certainement….!
En tant que surfeurs et surfeuses, il nous est tous arrivé de vouloir consulter le spécialiste pour un mal de dos, une cheville dilettante, une épaule douloureuse ou autre. Pour beaucoup, il est cependant difficile de choisir entre Kinésithérapeute ou Ostéopathe. Alors selon toi, en terme de prévoyance et de traitement, quelle est la différence entre les deux ? Existe-t-il une complémentarité de ces deux pratiques et si oui, quels en sont les bénéfices ?
L’ostéopathie et la kinésithérapie sont deux pratiques complémentaires à mon goût. L’ostéopathie est plutôt une technique « d’urgence » dans le sport. L’ostéopathe vous remet en place l’articulation concernée.
Mais il faut se dire que si l’articulation a bougé, c’est qu’il existe certainement un déséquilibre musculaire autour de cette articulation, que ce soit un problème de musculation, un problème de muscles trop toniques, pas assez souples… la kinésithérapie intervient alors! La kinésithérapie est une pratique de prévention, de rééducation et d’autonomie! Pour moi, notre rôle est de soulager les gens bien sûr, mais aussi leur donner un panel d’exercices pour qu’ils sachent par la suite se soulager seuls en cas de soucis.

'J'accompagne les handis à l'eau, ... si besoin est, je reprends mon rôle de kinésithérapeute!' Bérengère
Tu m’as écrit un jour que tu aimerais marcher sur ta planche d’où ton choix du longboard. Plutôt mystique comme orientation… Viens alors ma dernière question : Qu’est-ce que le surf selon Bérengère ?
Mystique….
peut-être bien…! Depuis toute petite, mon sport de prédilection est la gymnastique artistique (barres asymétriques, poutre, sol, saut de cheval…) Les acrobaties et le côté artistique font donc partie de toutes mes pratiques sportives. Marcher sur un longboard, c’est réussir à maîtriser son corps, son équilibre, sa planche et surtout la vague! Beau challenge à mon goût!
Depuis notre première rencontre l’été dernier, j’ai découvert le surf tandem qui m’a tout de suite attiré…. Allier le côté instable de l’eau et les acrobaties seraient vraiment un pur plaisir! Voilà un nouveau but…
Ca y est, j’ai répondu à tes quelques questions! J’espère que mes réponses te satisferont, j’ai pris beaucoup de plaisir à y répondre!
J’espère que tu vas bien, au plaisir de te revoir,
Bérengère
Merci Bérengère, tes réponses sont top car grâce à toi, j’ai encore appris de nouvelles choses ! J’avais déjà écris un article concernant l’Association AmpSurf à Sacramento, je n’avais cependant pas encore introduit l’Association Vagdespoir… Chose faite aujourd’hui mais il va tout de même falloir que j’approfondisse le sujet. Encore une fois, merci beaucoup, Bérengère, pour ta confiance et pour avoir pris le temps de répondre à cette ITV. Je te souhaite une excellente continuation dans le monde du surfing et il me tarde déjà de lire tes prochaines péripéties ;)
Je ne vous présente plus SurfMama, première grande fan de TripSurfeuse’s Blog mais surtout championne de surf tandem, blogueuse et shapeuse expatriée en Californie… ‘Ca y est! Je l’ai reçu
avec le cachet de la poste de Noirmoutier, trop top!’ m’écrit-elle… oui, SurfMama vient tout juste de se faire livrer son bracelet TripSurfeuse/Néocombine !
« Quand j’ai lu l’article de TripSurfeuse sur Néocombine, il me fallait absolument MON bracelet. Il a traversé l’Atlantique, les Rocheuses, et le Grand Canyon pour arriver chez moi, en Californie. Je suis toute contente et fière de faire de la pub pour mon blog préféré, tout en supportant l’action originale et géniale des filles de Néocombine.
J’adhère a tout ce qui aide à recycler les matériaux non-dégradables comme le néoprène des combi. Le recyclage, c’est une façon de réduire les déchets tout en leur donnant une seconde vie. Et quand le produit recyclé est un objet 100% artisanal fait par et pour des surfeurs, impossible de résister… 4 euros seulement!!
Quand je le porte au poignet, j’affirme non seulement ma passion pour le surf (car le surf c’est mon « trip » dans la vie, donc « Tripsurfeuse » c’est aussi un peu moi
) mais aussi j’affiche mon engagement à garder la planète propre.
Merci Neocombine et Tripsurfeuse! »
Merci SurfMama pour ton soutient … envers nous et Mère Nature ! On te souhaite le meilleur
TripSurfeuse & les filles de Néocombine
Vous aussi, n’hésitez pas à m’envoyer vos photos et commentaires ! Keep it real, keep surfing my friends