Précédemment dans TripSurfeuse, je vous exposais un phénomène inacceptable dans notre monde de passionnés: celui de la surf rage. Qui n’a pas vécu, en tant que témoin ou en tant que victime, un acte de violence lors de sa session surf m’écrive tout se suite. Moi même j’ai été la proie de violence verbale et vous pouvez vous en douter, ça me peine. Alors aujourd’hui, je voudrais revenir sur un excellent livre traitant de ce sujet. Paru il y a une dizaine d’années, Surf Rage – A Surfer’s Guide to Turning Negatives Into Positives est une compilation d’essaies tirés de faits réels et écrits par Nat Young and co. Un livre que tout surfeur se doit de lire et voici pourquoi…
La surf rage a toujours existé mais avec la multiplication des surfeurs au line-up, cela ne fait qu’empirer. Malheureusement, à un moment donné de notre vie de surfeurs, nous avons été/serons témoin ou victime de violence verbale ou d’acte irrévérencieux. Une attitude inappropriée, un regard mal placé, un mot de trop et la violence surgit. ‘Surf rage has existed for a long time but no one has wanted to expose the dirty underside of what’s supposed to be a very glamorous sport’ précise Nat Young qui compila l’ouvrage suite à une altercation plus que musclée dont il a été victime en 2000.
Certes, la surf rage dénature le côté glamour du surf en Australie, maison de Monsieur Young, mais pas seulement dans ce pays-là. La police de Californie répertorie aussi un nombre incalculable de surf rage: surfeurs envoyés en prison pour l’assaut d’un autre surfeur avec une arme blanche, groupe de surfeurs arrêté pour avoir battu un surfeur plus vieux qui ramait vers le pic, et j’en passe ; Dans le paradis plus si perdu des îles Mentawai, le premier arrivé en bateau fera tout pour défendre son territoire ; A Cloudbreak dans les îles Fidji, des bodyguards renvoient les surfeurs qui n’ont pas réservé au resort de Tavarua qui s’est élu propriétaire du spot ; Tandis qu’à Hawaï, le clan des Black Shorts dictent leurs règles et ‘protègent’ leurs pics des étrangers, sur l’île Maurice ce sont les White Shorts qui font la loi ; Les îles Canari ne sont pas non plus épargnés et le pays Basque connaît quelques cas similaires de batailles verbales, cailloux lancés à la figures et voitures refaites… En fait, cela est triste à penser mais partout où il y a des vagues et des surfeurs, il y a un risque de confrontations…
Retour en mars 2000, Nat Young souffre d’incroyables blessures survenues suites à une altercation avec Michael Hutchinson à son home spot, Angourie, sur la côte Est australienne. Fait ironique puisque Nat ‘The Animal’ Young, 4 fois Champion du Monde de Surf, est à ce moment là surtout connu comme étant celui qui transpire l’agressivité dans et hors de l’eau… Ecrire est alors une sorte de thérapie qui l’aide à récupérer de ses blessures. Une fois rétablit, il contacte Derek Rielly, surfeur journaliste qui avait déjà écrit sur le phénomène de la surf rage 12 ans auparavant pour l’éditorial de Australian Surfing Life Magazine. Derek et Nat décident alors de lancer le projet d’un futur ouvrage intitulé tout simplement Surf Rage en faisant appel à d’autres surfeurs connus qui acceptent de relater leurs expériences quant à la violence sur le line up :
L’américain Drew Kampion (éditeur de Surfer et Surfing Magazine), Nick Carroll (éditeur de Surfing, Tracks et Deep Magazine), Fred Pawle (Australian Newspaper), Carol Ann Philips (bodyboardeuse hawaïenne), Gunter Swoboda (Sociologue), Gordon Stammers (Député à la Chambre de la Justice pour l’état du Victoria en Australie), Glen Hening (l’un des pères fondateurs de Surfrider Foundation)…
Divisé en 12 chapitres, Surf Rage – A Surfer’s Guide to Turning Negatives Into Positives dépeint l’anti-surf spirit que nous avons tous en tête : territorialisme, localisme et irrespect. Mais l’ouvrage va plus loin en mettant l’accent sur le problème de la révélation des secret spots et l’émergence du surf-tourisme, l’intervention parfois inappropriée des surf-médias, le sexisme envers la gente féminine et le scepticisme envers quelques engins tels que les jet-skis… Le point fort du bouquin et ce qui le rend vraiment intéressant c’est que chacun des auteurs décrit son histoire tout en exposant son analyse de l’évènement afin de tirer une leçon pour ses sessions futures. ‘I was wrong; I shouldn’t have done what I did’ admet Nat Young. ‘But no one deserves a beating for such an action. There are other ways to handle anger… We all need to do something within ourselves. If something going on in the water really pisses you off, then get out. Take control’ Surf Rage est donc un appel à la tolérance et au bon sens…
Surf Rage – A Surfer’s Guide to Turning Negatives Into Positives est un ouvrage de 218 pages qui fait froid dans le dos car il met en lumière un problème qui a toujours existé : la violence entre surfeurs. Nat Young a fait les frais de son attitude plus que désinvolte envers ses pairs et courageusement admet ses erreurs par le biais de l’écriture qu’il a décidé de rendre public afin de lancer un message de sensibilisation. Surf Rage est un masterpiece que chaque surfeur ou surfeuse devrait lire et garder sur sa table de chevet… afin de garder un esprit good vibes, un esprit surf, le vrai, l’unique. Moi, je me suis toujours ramené avec le sourire malgré les drop-in et les mots déplacés… car c’est ce surf spirit là qui me fait rêver, celui qui me donne envie de rider ces belles lignes encore et encore et pour toujours…
Susan Orlean est une journaliste américaine (née en octobre 1955) qui écrit pour The New Yorker depuis 1992 et collabore aux magazines Vogue, Rolling Stones, Esquire and Outside. En 1998, ce dernier publie l’article Life’s Swell par lequel Susan Orlean dépeint le quotidien des surfeuses de Maui. Fort de son succès, Life’s Swell inspira le film de surf et blockbuster Blue Crush…
Nous sommes sur l’île de Maui et Susan Orlean a décidé de suivre Theresa McGregor et ses copines. La jeune Theresa a déménagé à la petite ville d’Hana quelques années auparavant et a très vite changé ses activités de petite délinquante avec les sessions surfing faisant d’elle l’une des surfeuses les plus connues de la région. Theresa fait partie du girls’ surfing team mené par l’ex-pro surfeur et shapeur Matt Kinoshita “There had been no girls’ surfing team on Maui before Matt established his three years ago. There was no money in it for him—it actually cost him many thousands of dollars each year—but he loved to do it.” Theresa et ses copines qui n’ont pour la plupart que de très vagues relations avec leurs paternels, trouvent en Matt le père idéal : il les emmène surfer, les coache, les encourage et les reçoit chez lui les veilles de compétitions pour regarder des vidéos de surf afin de les préparer aux contests tandis que sa femme leur mijote les plats adéquats …
En observant les protagonistes de son article, Susan Orlean prend du recul et nous délivre une nouvelle à tendance anthropologique sur les coutumes du surf au féminin vécus par une tribu de surfeuses sur l’une des îles les plus convoitées pour son surfing way of life. « To be a surfer girl in a cool place like Hawaii is perhaps the apogee of all that is cool and wild and modern and sexy and defiant.. The Hana girls, therefore, exist at that highest point — the point where being brave, tan, capable and independent, and having a real reason to wear all those surf-inspired clothes that other girls wear for fashion, is what matters most. » Toujours affamées (de surf et de nourriture), toujours habillées de façon à pouvoir se lancer à l’eau sans trop réfléchir, les jeunes filles ne pensent pas vraiment au future mais plutôt au moment présent, à la délectation que produit leurs sessions surf “Being a world-class surfer did not matter to them. Surfing has appeared as the embodiment of everything cool and wild and free; this is one of those moments.”
Je vous invite à lire Life’s Swell en intégralité et en version originale sur le site d’Outside. Mais attention, même si on retrouve un esprit très girlie, la nouvelle est tout de même différente de l’adaptation cinématographique Blue Crush… A vous de juger
Passionnée par les vagues et le surf, Agatha Christie est l’une des premières d’une nouvelle génération de surfeurs britanniques et selon Peter Robinson du Museum of British Surfing, elle est aussi la première surfeuse anglaise connue à ce jour. Alors que Agatha Christie : une autobiographie, réédité en 2006, contient déjà quelques une de ses notes, un bouquin retraçant son tour du monde va bientôt être publié. The Grand Tour illustrera ses exploits à partir de son carnet de voyage, de ses photographies prisent lors du trip et des lettres écrites à sa famille
Comment imaginez-vous la reine du crime ? Femme d’un âge certain au regard persan, cheveux grisonnant et lunettes rondes, assise prés du feu de bois parfumé à l’orange, devant sa machine à écrire goûtant quelques scones accompagnés d’une tasse d’Earl Grey… ? On ne connaît que très peu la vie privée d’Agatha Christie et pourtant … Si on l’imaginait en maillot de bain, coiffée d’un bonnet, sourire jusqu’aux oreilles et yeux qui pétillent, à jouer dans les vagues avec une planche de surf en bois … ? Oui, Agatha Christie, qu’on se le dise, est en fait la première surfeuse d’Angleterre ! Et pour preuve : la publication de son trip surf d’un an, prévue en Avril prochain par Harper Collins « As well as writing books, Agatha Christie was an inveterate traveller, a keen photographer and a voluminous letter writer » précise son petit fils Mathew Prichard… Et tout cela dans le prochain bouquin ? Chouette chouette chouette !…
Tout commence en 1922, lorsqu’Archi Christie a pour mission de préparer la British Empire Exhibition prévu pour 1924. Agatha Christie, âgée de 32 ans, décide de quitter l’Angleterre et sa fille de deux ans pour accompagner son premier mari autour du monde… En Février, sur Muizenberg beach, à Cape Town en Afrique du Sud, Agatha s’initie au surf, allongée sur de grandes planches en bois léger « It was occasionally painful as you took a nose dive down into the sand, but on the whole it was an easy sport and great fun » Agatha est sous le charme ! 6 mois plus tard, le couple fait escale à Honolulu, Hawaï. C’est l’occasion d’apprendre à se lever sur les vagues de Waikiki… « I can’t say that we enjoyed our first four or five days of surfing – it was far too painful – but there were, every now and then moments of utter joy. We soon learned too, to do it the easy way… It is one of the most perfect physical pleasures that I have known. After ten days I began to be daring… I learned to become expert, or at any rate expert from the European point of view – the moment of complete triumph on the day that I kept my balance and came right into shore standing upright on my board! » Agatha est passionnée !
Deux ans après cette aventure de tour du monde vite transformé en trip surf, est publié The Man In The Brown Suit (L’Homme Au Complet Marron) dans lequel elle décrit son expérience : « Surfing looks perfectly easy. It isn’t. I say no more. I got very angry and fairly hurled my plank from me Nevertheless, I determined to return on the first possible opportunity and have another go. Quite by mistake I then got a good run on my board and came out delirious with happiness. Surfing is like that. You are either vigorously cursing or else you are idiotically pleased with yourself » Agatha a tout compris, tout est là ! Et lorsqu’on sait qu’à cette époque, elle fait partie de cette minorité de surfeurs anglais, on aimerait aussi bien savoir si, après son tour du monde, Agatha Christie continua le surf le long des côtes de l’Angleterre… Pourquoi pas à Burgh Island, dans le sud de Devon, où elle avait l’habitude de séjourner pour écrire ?
La prochaine parution de The Grand Tour va dévoiler une autre facette d’Agatha Christie : une femme certainement plus joviale et sportive que celle qu’on pourrait s’imaginer, une femme plus qu’inspirée par la mer et les vagues, une femme qui n’a pas peur de s’aventurer en trip… « The letters are full of tales of seasickness and sunburn, motor trips and surf boarding, and encounters with welcoming locals and overbearing Colonials » annonce le publieur David Brawn… Agatha Christie, la première TripSurfeuse, en sommes ! Il me tarde déjà d’avoir le livre entre les mains !
Le 3 février 2011, RIP Leroy Grannis. Ce nom vous dit quelque chose ? Normal : Leroy Grannis est l’un des photographes de surf des plus respectés et co-fondateur de International Surfing Magazine. A 93 ans, il laisse derrière lui un hommage à l’histoire du surf, une merveilleuse collection de photos de surf des années 60 à 70.
Né en 1917, Leroy Grannis grandit à Hermosa Beach, Californie. Très vite, il se prend de passion pour l’océan et commence à gouter aux joies de la glisse. A 14 ans, son père lui offre un longboard (en bois, à l’ancienne) qu’il transforme en kneeboard. Un peu plus tard, il devient membre du Palos Verdes Surf Club et on le voit surfer avec un énorme 11’ de 40kg… sa passion pour le surf le suivra toute sa vie…
En 1959, Leroy Grannis est un père de famille aux différentes carrières qui ne surfe que quand il trouve du temps libre… mais lorsqu’un ulcère le frappe, il décide de se lancer dans la photographie. Il achète un appareil 35mm pourvu d’une lentille 400mm, transforme son garage en chambre noire, suit son fils lors de ses sessions surf et commence à capturer des images très vite publiées dans la plupart des magazines de surf et qui deviendront les icones de la surf culture des 60’s et 70’s
C’est alors qu’avec l’aide de son ami Doc Ball, il invente une boite en caoutchouc qui lui permet de changer les films de son appareil photos dans l’eau (oui, à l’époque c’était des films et non des cartes mémoires) et d’utiliser des plus longues lentilles depuis les line up de Sunset ou Waimea Bay. De cette époque, on découvrira de fantastiques beachbreak vierges de tout surfeurs, des line up bondés, les vagues monstrueuses d’Hawaï, la belle côte californienne, les woodies et les énormes longboards, les cheveux gominés et les bikinis des pin-ups… sweet !
Puis, dés les années 70, les planches de surf se raccourcissent et Leroy Grannis voyage de plus en plus afin de shooter les personnages incontournables qui font trembler les news du surf. Il devient alors photo éditeur de Surfing Illustrated Magazine, est proclamé photographe numéro un sur l’International Surfing Hall Of Fame et co-fonde International Surfing Magazine… Petit à petit, son travail s’éloigne de la scène surf mais lui ne s’arrête jamais de surfer…
Si comme moi vous aimez l’époque 60’s-70’s et des photos de surf au style classique mais incontournable, alors découvrez ou redécouvrez l’œuvre de Leroy Grannis. Encore mieux : offrez-vous le Surf Photography of the 1960s and 1970s ou le Vintage Surfing Graphics publiés chez Taschen… Mais soyez prévenu que ce livre risque de passer entre les mains de vos copains si vous le laisser trainer sur la table de votre salon
Je ne sais pas vous mais moi j’ai encore pas mal de progrès à faire en surf ! Le souci est que je ne peux pas non plus me payer un coach perso…Alors, pour m’aider à corriger mes défauts et à perfectionner mon surf, ma copine Sophie m’a conseillé ET prêté le manuel Surf Technik. J’avoue, ce manuel est devenu mon livre de chevet, merci Sophie
« Surf Technik, techniques avancées et manœuvres » est un livre écrit par Christophe Mulquin. Le nom vous dit quelque chose ? Normal : en plus d’être un excellent surfeur, Monsieur Mulquin est le coach officiel de la Team de la Réunion. Depuis plus de 18 ans, il entraine les meilleurs espoirs réunionnais et a ainsi gagné une cinquantaine de titres Champions de France, des titres européens et un titre Champion du Monde… !
En sachant ça, on se dit que le livre doit être de qualité et à vrai dire, il l’est. Du moins je trouve. Pourquoi ? Déjà car il est bien écrit et qu’il va à l’essentiel : Take off, bottom turn, roller, carve, snap, cut back, tube, floatter et air, voici les 9 figures les plus courantes qui sont expliquées dans le livre. Bon moi, j’en passe rarement la moitié mais j’y travaille, justement !
Ensuite, le livre est très bien fait : les photos, les commentaires et le tableau analytique illustrent parfaitement les figures à réaliser. On ne peut que comprendre la progression du mouvement ! A nous, ensuite, de nous entrainer à enchainer les différentes étapes de la figure choisie… Il n’y a pas de secret, pour progresser en surf, il faut surfer !
Enfin le livre est véritablement technique : il donne de l’importance au regard et à la position de la tête, à la ligne des épaules, à la position des bras, aux appuis et à la flexion des jambes. Le manuel va donc dans le détail sans être lourd de blablabla et donne même des trucs pour ceux dont le niveau est plus avancé. Chouette, ça me plait.
Pour tout vous avouer, depuis que j’ai commencé à lire ce livre, j’ai compris pas mal de choses en surfant…et après chaque session, j’analyse mes défauts puis je tente de les corriger dés que je me remets à l’eau. Mais ce n’est pas toujours évident. D’où l’importance de surfer de jolies vagues, d’où l’importance de surfer en ayant une bonne condition physique, d’où l’importance de surfer régulièrement. Et même si ce n’est malheureusement pas toujours le cas, ceci étant dit, je vous conseille fortement le livre Surf Technik. Et j’attends de voir ce que vous m’en direz !