C’est l’histoire d’un marque-page coincé dans un livre oublié. Tandis qu’un courant d’air pousse la fenêtre de la pièce isolée et fait voler les feuilles du bouquin, le marque page retrouve sa liberté … En scrutant les feuilles déferler sous la force du vent, le marque-page a l’idée de récupérer une planche de surf illustrée dans le livre et commence ainsi à glisser sur les pages qui prennent la forme d’un océan de vagues… Le marque-page vit alors le ride de sa vie, enchainant wipeout, carves et flotteurs en tout genre sur des vagues toujours plus grosses et ce, jusqu’à la dernière page, jusqu’à la dernière vague qui marque la fin d’une aventure pas comme les autres. Il est temps pour le marque-page de reprendre sa place entre les feuilles du bouquin. Ou pas. En effet derrière lui, se dresse des piles infinies de livres, BD et journaux, dévoilant ainsi une multitude de spots inexplorés et de nouveaux challenges à relever…
Ce court-métrage original est né grâce à l’inventivité de L’équipe du Salon Alpin composé par Philipp Comarella, Simon Griesser, Silvio Canazel, Christoph Staber et Thomas Weiz. Un an de travail et un budget minime ont été nécessaires à cette équipe de passionnés pour nous offrir une animation de 5m30 mêlant papier craft, stop motion et images 3D. Le résultat est un petit film d’une qualité à coupé le souffle, une fable rigolotte, une jolie métaphore sur les livres oubliés, les vagues inexplorées et les challenges de la vie en général … Much Better Now, un mini film de surf pas comme les autres qui vaut la peine d’être vu et partagé
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Bonnes vacances d’été à tous !
Dimanche 10 Juin, concert ! Et pas n’importe lequel car c’est celui de Ash Grunwald au Westernport pub ! Ash, si vous le connaissez pas encore, c’est le nouveau Xavier Rudd (au sens multi-instrumentaliste) qui envoie un blues raw et le mixe avec les sonorités tribales moderne. A avoir écouté ses compositions souvent utilisées pour accompagner quelques films ou vidéos de surf, je n’attend qu’une chose : voir l’australien roots rocker sur scène pour voir ce qu’il vaut live…
En allant chercher les billets au Westernport Pub Hotel, nous voyons Ash déguster une bière. Grand, le teint halé, les yeux brillants, coiffé de dreadlocks et habillé d’un style folk australien, Ash dégage la sympathie. Dans quelques heures, le musicien entrera sur scène devant l’audience de Phillip Island qui s’est déjà précipitée pour réserver les tickets d’entrée. Il en reste quelques uns… ouf ! Et en attendant l’heure de rendez-vous, nous filons chez un ami pour nous mettre dans l’ambiance avec un petit barbecue entre potes… 9h, nous sommes de retour au pub. Il y a du monde, ça discute, ça rigole, ça boit des bières et ça commente la sortie du dernier album de Ash Grunwald et ses prestations passées dont l’une au Byron Bay Roots Festival…
Laissez-moi donc vous présenter l’artiste …
Elevé dans l’une des banlieues de Melbourne avec du blues dans les oreilles, Ash Grunswald s’inspire des grands Muddy Waters, Robert Johnson puis BB King, James Brown et Jimi Hendrix pour développer sa technique de guitare. En 2002, après avoir passé par un groupe puis un trio, il sort son tout premier album solo : Introducing Ash Grunwald et reçoit le titre de Melbourne Blues Performer of the Year. S’ensuivent I Don’t Believe (en 2004), Live At The Corner qui lui vaudra l’Album Of The Year par le Australian Blues Awards (2005), Give Signs (2006), Fish Out The Water (2008) puis Hot Mama Vibes (2010) et au fil de ses albums, Ash introduit des sons électroniques à sa musique blues. ‘Mixing electronica with the blues was always a dream of mine. On the first album I was really trying to strip it back to raw elements, just be as soulful as possible. I guess every album since then has been a gradual move towards this point’
Live at Pyramide Rock Festival (Phillip Island) en 2007 :
Single Walking extrait de Hot Mama Vibes :
Bluesman au cœur soul, Ash Grunwald est aussi un fervent surfeur ‘Once I got going with my music career I was trying to book my gigs along the coast and use music to get me surfing all the places I’d heard about in mags. It really has been an amazing journey for me’ tandis qu’en Australie, ses spots préférés sont Byron Bay et Margaret River, Ash n’hésite pas à traverser les océans pour assouvir ses deux passions. Il se produit en Angleterre, au Canada pour le plus souvent ainsi qu’en Indo, au Portugal et au Maroc lorsqu’il le peut. ‘It’s been a crazy journey. Actually really frustrating at times, but totally addictive and rewarding in the end. I really feel like surfing is the perfect pastime. Its the only thing that I feel like doing twice a day, every day!’ Pas étonnant donc qu’on le retrouve sur les bandes sons de quelques vidéos de surf, pas étonnant non plus d’apprendre qu’il a aussi lancé sa propre série de petits films documentaires surf, snowboard & skateboard intitulée Road-Dog Diaries. ‘I’ve always wanted to document the contrasts between the places I tour in Australia. This tour will see us visiting deserts, snowfields, cities and of course, hugging the coast from Torquay to Noosa. There’s so many characters that I’ve met along my travels and we’ve organized to hook up with someone interesting at each show. By the end of the tour we will have surfed, snowboarded and skated our way around the country whilst jamming with amazing musos every night. We’re all pretty exited about it!’
Plein d’énergie, Ash Grunwald a aussi deux side-projects. Le premier est sa collaboration avec Fingers Malone et leur gros dub-step sous le nom de Tiger VZ Shark. Le deuxième projet est celui de Krash, mix de Kram (du groupe Spiderbait) et Ash (pour Ash Grunwald). Mais pour le moment, Ash Grunwald est en tournée pour son dernier album solo, Trouble’s Door, et comme il est artiste indépendant, il fait appel à son audience : en passant par PledgeMusic.com, on peut reverser la somme de notre choix (de 10 à 3000 Dollars) et recevoir en retour quelques petits cadeaux sympas tels qu’une session surf ou une leçon de guitare via skype avec le Ash lui-même…
Single Longtime extrait de l’album Trouble’s Door avec Beau Young, Xavier Rudd, Bob McTavish, Derek Hynde, Dave Rastovich :
Sympa Ash Grunwald ? Oui ! Car à le voir sur la scène du Westernport Hotel, c’est pareil, du partage sur fond de good vibes. Avec ses guitare acoustique, steel guitare, stomp box, micro Blues-in-a-Bottle et tablette de mixage… Ash nous délivre un blues aux influences modernes australiennes agrémenté de jazz, hip-hop, dub et musique tribale. Passer aisément de bluegrass au dub-step n’est pas donné à tout le monde et l’audience de Phillip Island est en transe totale. A la fin du gig, ça transpire, ça rigole, ça partage la dernière bière pour commenter sa prestation ‘All good, that was all goog, mate… Such a great performance, as usual’ Je ne nierais pas l’évidence et je suis plus que ravie d’avoir enfin assister à son live dans l’un de mes pubs préférés… !
6 albums à son actif, ce n’est que le début pour Ash Grunwald … et grâce à son titre Walking repris pour le film Limitless, le bluesman multi-instrumentaliste franchit une nouvelle étape qui semble lui porter toute l’énergie nécessaire afin de surfer sur la voix du succès… ‘When you’re playing live, try and be the best live act. Get people involved. Try hard so they remember the gig.’ Je n’ai qu’une chose à ajouter : c’est réussit !
L’autre jour, en me baladant, je tombe sur un DVD à 20AUD. Ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas fait mal en revanche je suis restée perplexe devant la jaquette du dit objet. Il est écrit Hang: The Manifest Destiny of the Longboard Cult, réalisé en 2007 par Ira Opper. Je ne connais ni le film ni le réalisateur mais je reconnais quelques noms de surfeurs et surfeuses. Chouette, 20 dolls, je n’ai rien à perdre ! Je paie, file à la maison, allume le DVD player, m’assoie confortablement et c’est parti pour la diffusion de Hang, du longboard sur mon grand écran…
Nous sommes à Hawaii et c’est Bonga Perkins qui ouvre la dance. Connu comme étant l’un des rares longboardeurs à taquiner Pipeline, Bonga n’a plus rien à prouver à personne. Aussi à l’aise en long qu’en shortboard, le charger se démarque grâce à un style puissant qui repousse toujours plus loin les limites du longboarding.
‘Ocean is for everyone you get food, you get fun… what else would you need?… Everything you dream about, it’s like surfing have it’… la caméra targette maintenant Dino Miranda, le multi-boardeur qui s’amuse à nous raconter son anecdote de casseur de planches : avant de surfer des planches epoxy, Dino cassait 5 surfboards par jour… depuis qu’il est passé aux surftech, il n’en casse plus qu’1 par mois ! Hé bien, heureusement pour lui, il est sponso !
On quitte maintenant Hawaï pour suivre Maureen Drummy, Mary Bagalso, Cyrus Sutton (Korduroy.TV), et Eric Vallely entre autres sur l’un des reefbreaks de Samoa. Le spot est réputé comme n’étant pas le plus facile et malgré cela, ils surfent les vagues avec une dextérité déconcertante. Ultra connectés, ces surfeurs et surfeuses nous font partager la grâce, le fun, la force tranquille, le longboard comme je l’aime …
Troisième chapitre, Byron Bay en Australie. Dave Simons qui fait tourner sa planche à 360° sur la droite de The Pass nous raconte une p’tite histoire qui fait des frissons dans le dos: la session pendant laquelle il voit passer un requin de 6feet de long sous sa planche et McTavish de lui répondre qu’à Byron Bay, on ne se préoccupe seulement que de ceux dépassant les 10feet ! True Story.
La caméra se tourne maintenant sur Belinda Baggs. La belle est heureuse de voir que les surfeuses sont de plus en plus nombreuses à l’eau mais pose le contre de celles qui dropent usant l’excuse de leur genre. Amoureuse de Dane Peterson, elle explique aussi pourquoi il est si important pour elle d’être en couple avec un surfeur… On est d’accord ou pas.
Ha, Beau Young, celui qui était prédestiné à son prénom… ‘My surfing is just like my music’ Pas de fausse note, une cadence en rythme avec le déferlement, un style ‘raw’ old skool, un surf superbe. Que dire de plus ?
Quatrième étape du film: l’Indonésie et le Quiksilver Crossing avec Melvin Pu’u, Titus Kinimaka, Dave Kalama, Jeff Hakman. Ca se pose dans le creux, ça suit la déferlante au plus prés, ça fait de longues courbes, des flotteurs, des rollers, le surf est ultra rapide et puissant… Du longboard comme ça, moi, ça me fait les yeux ronds ! Et je vous raconte pas la taille du poisson qu’ils viennent d’attraper … à me faire rêver la plancha !
Allez, zou, Ira Opper nous emmène maintenant au Costa Rica, à la rencontre de Robert August. Il est là le grand monsieur, il nous attend dans sa Casa d’Agosto en compagnie de Matt Armstrong, Wingnut et Sean Haggar. Les compères décident de prendre le bateau en direction de quelques vagues isolées. On les suit évidemment avec une grande attention car les retrouvailles Robert et Wingnut, c’est comme un air de Endless Summer revival… Une salade de fruit, jolie-jolie et les voilà sur quelques hang five et hang ten. Wingnut, accroupi sur le nose de sa planche, qui a le temps de se refaire un brushing… je suis fan ! Et du style de Robert aussi bien sûr !
Dernière escale du tour des spots à longboard, direction la Californie. ‘I feel I have experienced what could help some people’ le barbu John Peck a un air de Père Noël et ça me plait. Le surf, ça se transmet et ça se partage… Good on you John !
Direction ensuite vers un rassemblement longboard où on découvre Alex Knost qui dance, virevolte et prie dos allongé sur sa planche. Parfait Alex. Tiens ; Cyrus est rentré de Samoa et l’équipe du Costa Rica également ! Ho-la-la les minots sur des longboards ; c’est pareil, ça fait des cabrioles, c’est bon ça ! Et on finit sur mon longboardeur préféré… Joel Tudor ! Egal à lui même, un style inimitable, une fluidité à couper le souffle, et voilà que je pose en hang ten et voici que je me retourne sur le nose de ma planche… Joel dans toute sa splendeur !
Même si on y retrouve aussi quelques images de gun ou de fish, considérés comme des shortboards pour les puristes, Hang: The Manifest Destiny of the Longboard Cult, est donc un film de longboard qui entre dans les deux dimensions – old skool et progressive. Shooté sur 2 années par delà les six plus grandes Mecques du surf à longue planche (Hawaii, Samoa, Australie, Indonésie, Costa Rica et Californie) et visant d’incroyable surfeurs et surfeuses, ce film est une réussite. Ira Opper a fait du bon boulot et moi je suis ravie de mon DVD ! Na
Précédemment dans TripSurfeuse, je vous exposais un phénomène inacceptable dans notre monde de passionnés: celui de la surf rage. Qui n’a pas vécu, en tant que témoin ou en tant que victime, un acte de violence lors de sa session surf m’écrive tout se suite. Moi même j’ai été la proie de violence verbale et vous pouvez vous en douter, ça me peine. Alors aujourd’hui, je voudrais revenir sur un excellent livre traitant de ce sujet. Paru il y a une dizaine d’années, Surf Rage – A Surfer’s Guide to Turning Negatives Into Positives est une compilation d’essaies tirés de faits réels et écrits par Nat Young and co. Un livre que tout surfeur se doit de lire et voici pourquoi…
La surf rage a toujours existé mais avec la multiplication des surfeurs au line-up, cela ne fait qu’empirer. Malheureusement, à un moment donné de notre vie de surfeurs, nous avons été/serons témoin ou victime de violence verbale ou d’acte irrévérencieux. Une attitude inappropriée, un regard mal placé, un mot de trop et la violence surgit. ‘Surf rage has existed for a long time but no one has wanted to expose the dirty underside of what’s supposed to be a very glamorous sport’ précise Nat Young qui compila l’ouvrage suite à une altercation plus que musclée dont il a été victime en 2000.
Certes, la surf rage dénature le côté glamour du surf en Australie, maison de Monsieur Young, mais pas seulement dans ce pays-là. La police de Californie répertorie aussi un nombre incalculable de surf rage: surfeurs envoyés en prison pour l’assaut d’un autre surfeur avec une arme blanche, groupe de surfeurs arrêté pour avoir battu un surfeur plus vieux qui ramait vers le pic, et j’en passe ; Dans le paradis plus si perdu des îles Mentawai, le premier arrivé en bateau fera tout pour défendre son territoire ; A Cloudbreak dans les îles Fidji, des bodyguards renvoient les surfeurs qui n’ont pas réservé au resort de Tavarua qui s’est élu propriétaire du spot ; Tandis qu’à Hawaï, le clan des Black Shorts dictent leurs règles et ‘protègent’ leurs pics des étrangers, sur l’île Maurice ce sont les White Shorts qui font la loi ; Les îles Canari ne sont pas non plus épargnés et le pays Basque connaît quelques cas similaires de batailles verbales, cailloux lancés à la figures et voitures refaites… En fait, cela est triste à penser mais partout où il y a des vagues et des surfeurs, il y a un risque de confrontations…
Retour en mars 2000, Nat Young souffre d’incroyables blessures survenues suites à une altercation avec Michael Hutchinson à son home spot, Angourie, sur la côte Est australienne. Fait ironique puisque Nat ‘The Animal’ Young, 4 fois Champion du Monde de Surf, est à ce moment là surtout connu comme étant celui qui transpire l’agressivité dans et hors de l’eau… Ecrire est alors une sorte de thérapie qui l’aide à récupérer de ses blessures. Une fois rétablit, il contacte Derek Rielly, surfeur journaliste qui avait déjà écrit sur le phénomène de la surf rage 12 ans auparavant pour l’éditorial de Australian Surfing Life Magazine. Derek et Nat décident alors de lancer le projet d’un futur ouvrage intitulé tout simplement Surf Rage en faisant appel à d’autres surfeurs connus qui acceptent de relater leurs expériences quant à la violence sur le line up :
L’américain Drew Kampion (éditeur de Surfer et Surfing Magazine), Nick Carroll (éditeur de Surfing, Tracks et Deep Magazine), Fred Pawle (Australian Newspaper), Carol Ann Philips (bodyboardeuse hawaïenne), Gunter Swoboda (Sociologue), Gordon Stammers (Député à la Chambre de la Justice pour l’état du Victoria en Australie), Glen Hening (l’un des pères fondateurs de Surfrider Foundation)…
Divisé en 12 chapitres, Surf Rage – A Surfer’s Guide to Turning Negatives Into Positives dépeint l’anti-surf spirit que nous avons tous en tête : territorialisme, localisme et irrespect. Mais l’ouvrage va plus loin en mettant l’accent sur le problème de la révélation des secret spots et l’émergence du surf-tourisme, l’intervention parfois inappropriée des surf-médias, le sexisme envers la gente féminine et le scepticisme envers quelques engins tels que les jet-skis… Le point fort du bouquin et ce qui le rend vraiment intéressant c’est que chacun des auteurs décrit son histoire tout en exposant son analyse de l’évènement afin de tirer une leçon pour ses sessions futures. ‘I was wrong; I shouldn’t have done what I did’ admet Nat Young. ‘But no one deserves a beating for such an action. There are other ways to handle anger… We all need to do something within ourselves. If something going on in the water really pisses you off, then get out. Take control’ Surf Rage est donc un appel à la tolérance et au bon sens…
Surf Rage – A Surfer’s Guide to Turning Negatives Into Positives est un ouvrage de 218 pages qui fait froid dans le dos car il met en lumière un problème qui a toujours existé : la violence entre surfeurs. Nat Young a fait les frais de son attitude plus que désinvolte envers ses pairs et courageusement admet ses erreurs par le biais de l’écriture qu’il a décidé de rendre public afin de lancer un message de sensibilisation. Surf Rage est un masterpiece que chaque surfeur ou surfeuse devrait lire et garder sur sa table de chevet… afin de garder un esprit good vibes, un esprit surf, le vrai, l’unique. Moi, je me suis toujours ramené avec le sourire malgré les drop-in et les mots déplacés… car c’est ce surf spirit là qui me fait rêver, celui qui me donne envie de rider ces belles lignes encore et encore et pour toujours…
Alors qu’en 1964, L’Endless Summer de Bruce Brown lança le mythe de la vague parfaite, 40 ans plu tard, Greg Webber sort un film de surf avant-garde qui reçu le prix du Meilleur Film au Saint Jean de Luz Film Festival de 2004. J’avais déjà fait brièvement l’introduction de Liquid Time dans mon article ‘Piscine à vagues, la solution des spots sur-bondés ?’… mais je n’avais pas eut l’occasion de voir le film dans son intégralité. Aujourd’hui, c’est chose faite et je ne suis pas déçue. Voici pourquoi…
L’histoire est simple : Greg Webber, comme beaucoup d’autres surfeurs, contemple et joue avec les vagues depuis qu’il est tout petit. A ses 20 ans, il suit des cours de Coastal Engineering à l’université mais s’ennuie à cause d’un manque sévère de TP… Il se remet alors au shape puis, en 2003, il s’embarque sur la Clarence River, Australie, dans le but d’une nouvelle expérimentation : celle de générer de petites vagues parfaites. Son frère Monty filme la séquence et ils décident d’en faire un film… au résultat impressionnant. « It’s hypnotically fascinating. The slow movements of the lip coming down are just mesmerizing. » – Paul Witzig »Mind-boggling! I must say I don’t think I’ve seen a film that is so beautiful. If there were Academy Awards given out for photography, editing, concept and music in the surfing arena, Liquid Time would take the lot. » – Alby Falzon »Fascinating! Those microwaves break new ground in surf film. The music, the complete camera techniques. A superb job. » – George Greenough »Damn it, man. You’ve made something so beautiful. » – Jack McCoy. Oui, Liquid Time capture des vagues régulières et tubulaires des plus parfaites rarement filmées jusqu’à ce jour. Cependant, il y a un hic: ces vagues-là sont impossibles à surfer sauf si on fait partie de la tribu des mini-pouces! En effet, elles ne dépassent pas les 30cm … et pourtant, elles n’ont jamais été aussi enviées…
Influencé par les cultissimes Endless Summer, Morning of The Earth et Evolution, Greg Webber nous délivre un film extraordinaire, venu d’une autre dimension. Mais si, au bout d’un moment, les images vous semblent redondantes ou même barbantes (20mn à regarder des vagues de quelques centimètres dérouler continuellement, personnellement je ne me lasse pas mais d’autres pourraient), notez que le film est suivi d’une série de shots avec Mick Fanning, Kelly Slater, Taj Burrow… et d’une section Bonus compilant le meilleur de Rise, un autre film de Webber, avec le même Mick, Joël Parkinson, Rasta et Michael Peterson… Bref, de quoi nous faire palpiter d’envie ! Mais sachez surtout que Liquid Time est définitivement plus orienté arty que marketing. Et, malgré un travail phénoménal sur l’image et son traitement, le concept du film ne s’arrête pas qu’à cela. En effet, c’est en étudiant ces vagues que Greg les imagine plus grosses et s’imagine les surfer… ‘My passion now is to try and make these waves big enough to be ridden. Really perfect, really long waves that break around this islet of sand. I mean, can you imagine it? Designing waves. Not just boring waves, but tubes that bend and warp and have fast and slow sections-the only limit is your imagination’. Les shots avec Kelly, Mick & co illustrant Liquid Time n’ont donc pas été choisis par hasard…
En visionnant l’intégralité du DVD Liquid Time, Greg Webber nous mène donc gentiment vers son projet chéri: celui des piscines à vagues. Même si les piscines à vagues n’ont rien de nouveau (la première avait été créée en 1934 à Londres) l’idée la plus intéressante vient certainement de Mr Webber. Alors qu’en 2005, 1 an après la sortie de Liquid Time, il surfe une vague d’1m produite par un gros bateau de pêche le long d’une rivière, il poursuit ses recherches, se lance dans la conceptualisation et petit à petit, développe son idée d’une wave pool. En 2007, il sort un DVD montrant un model 3D et quelques vidéos de River Surfing; en 2009, il est récompensé par l’Australian Reserach Council et en 2010 une wave pool de 10m est testée à l’Australian Maritime College (AMC) … Billabong édite même la vidéo de ce ‘river surfing’. L’idée, c’est que, grâce à sa wave pool, chaque surfeur se voit offrir 12 vagues d’environ 30 secondes par heure… et peut-être même la chance de catcher des tubes ! Un concept parfait pour les surfeurs pro, confirmés, intermédiaires, débutants, bref, pour tous les surfeurs et les surfeuses…
Liquid Time de Greg Webber a tout d’un film atypique. L’ambiance arty qui s’en dégage révèle des images hypnotisantes et nous mène dans une autre dimension du surf. On se laisse absorber par la magie des petites vagues de rivières rêvant de la vague parfaite qui déferle indéfiniment. Peut-être un rêve qui deviendra réalité grâce au projet de Mr Webber, le wave designer du futur ? Oui, sa piscine à vagues… tubulaires…; Pourquoi pas, n’est-ce pas ?